L’enfant de personne /6

Le calvaire ( partie 2)

Pendant que je préparais le café, je réfléchissais de quelle manière je pouvais m’enfuir et surtout je ne me voyais pas boire.., n’ayant jamais bu d’alcool je n’avais aucun souvenir d’avoir été forcé. La seule chose dont je me souvenais c’était d’avoir été violé une nouvelle fois dans la nuit. Cet homme était un dangereux fou en manque de sexe, et certainement un menteur invétéré.

Au moment où il rentrait dans la salle , il buvait à même le goulot un liquide blanc qui n’était pas de l’eau. Il s’en versait une grosse rasade dans son café m’empêchant de m’asseoir il me maintenait contre lui. Il m’ ordonnait de rester debout il avait deux ou trois choses à me dire avant qu’il parte au champ. » Petite tu vas rester chez moi car je suis seul et mes besoins sont immense, en ces temps je ne puis aller à Lyon voire des « putes ». Toi tu es bien faites et j’ai bien vu que tu n’étais pas vierge donc une fois que l’on se connaîtra mieux tu aimeras bien. En attendant que tu m’apprecies tu vas être ma domestique. Ne t’avise pas de t’enfuir je te ferais rechercher par les gendarmes , eux et les allemands viennent souvent se ravitailler, en attendant que je trouve une solution tu te cachera quand ils arriveront. Ne t’avise pas de crier sinon…

A ce moment-là il se gratte la tête et dans un rire gras me dit « je t’offrirais en pâture au colonel qui aime bien ma goutte et on s’amusera bien avec toi. As-tu compris ? « 

Je ne pouvais rien dire, à nouveau je cédai complètement paniquée, je tremblais de la tête aux pieds, ce qui pour lui voulait dire oui, pour moi un long calvaire allait commencer.

Il savait entretenir ma peur pour éviter que je lui fausse compagnie. Dès qu’une voiture montait la côte il m’enfermait dans une cave située sous son plancher de chambre dessus il y avait un gros tapis, j’ignore s’il le remettait, j’ai des doutes mais aucune certitude.

A suivre…

L’enfant de personne/3

La Survie

Quand celui qui s’est présenté comme mon père m’a abandonné dans ce dortoir je n’ai pas compris. Pourquoi me laisser là ? Qu’avais-je fait? Je savais par les confidences de mon oncle quand il me possédait que j’étais immensément riche. Il voulait mon argent. Mais tant que je n’étais pas majeure il ne pouvait pas y toucher. Alors pourquoi mon père m’a-t-il abandonné là ?

La religieuse qui était ma tante m’a dit le lundi matin qui a suivi mon arrivée. Magdeleine tu es dans l’orphelinat des soeurs St Joseph. Dorénavant c’est lui notre bon Saint qui sera ton père.

Non, j’ai un père

Tu dois apprendre les bonnes manières pour faire honneur à ton rang, et surtout pour t’éloigner de ton oncle qui est malveillant. Jamais il ne viendra te chercher ici.
Tu as déjà 13 ans et toute ton éducation est à faire. Ce matin tu vas me montrer comme tu lis, et si tu sais compter. Après on avisera pour le reste.


Certes je n’ai pas été malheureuse, je n’étais plus violée ni battue mais ma vie était terne, sans joie, sans amie. Je n’arrivais pas à me lier avec les autres, si je le faisais en général c’était le fiasco, soit elle quittait précipitamment l’orphelinat pour être adoptée, soit un grand-père venait les récupérer ou elles fuguaient. Je ne les revoyais jamais.

Je me promenais seule dans les jardins et au début je plantais des fleurs, aidée par une vieille religieuse que l’on appelait Rose car elle avait toujours une rose à nous offrir lorsque nous lui donnions un coup de main. Puis plus tard elle m’apprit les joies du jardinage. Elle plantait selon la lune et nous allions vendre fruits et légumes sur le marché cela nous occupait deux jours par semaine. La vie était paisible et j’étais devenue une belle jeune fille selon un Monsieur qui était venu adopter ma compagne de chambre. Je me demandais pourquoi il me détaillait de la tête aux pieds. Il était très gentils mais pour moi c’était bizarre. Avant de partir, Adélaïde m’a dit :  » tu n’es pas adoptable pourtant celui que demain je vais appeler papa voulait aussi t’emmener ».

Dans ma tête j’ai songé que mon père m’avait abandonné dans se soucier de moi, mais il me refusait le bonheur dans une famille aimante.

Un jour Soeur Mathilde que j’aimais bien nous a dit :  » Rentrez vite chez vous mes pauvres petites la guerre est déclarée avec son lot de malheur ». Partir pour aller où ?

A suivre…

L’enfant de personne (1)

Tu es la fille de personne…. Combien de fois au cours des dix premières années de mon enfance l’ai-je entendu….L’enfant de personne.

Lorsque je tendais les bras vers la vieille femme assise au coin de l’âtre, l’aïeule comme disait Pierrot le grand dadais nommé ainsi par son père, un homme méchant brutal, qui, m’inspirait une peur qui grandissait au fur et à mesure que moi même devenait une fillette.

La vieille me repoussait et moi comme trois pommes à genou basculait en arrière et immanquablement j’hurlais. Si Pierrot était dans les parages, il se précipitait vers moi, il me relevait et m’emmenait dans sa chambre pour jouer à la poupée. J’étais sa chose. La première fois qu’il m’a déshabillée je devais avoir six ans, ou c’est parce que je m’en souviens, il est bien possible qu’il ait commencé bien avant. Il n’allait pas très loin mais je pense qu’il me faisait subir ce que la morale réprouve. Habilement il me chatouillait mais parfois j’avais mal, aujourd’hui je sais ce qu’il m’ a fait.

Et un jour je me vengerais.

Je ne sais si je continuerais cette nouvelle, c’est à vous de me le dire.

EvaJoe

Surfer en eaux troubles

Chapitre 1er

Aussi loin que mes souvenirs remontent je me revois enfant, timide, de grosses lunettes me mangeant le visage, une frange et une queue de cheval parachevaient le tout. Il était tout au plus ingrat, mais j’avais deux magnifiques yeux bleus, c’était des petites lumières sur mon visage, mais au fil du temps je les cachais derrière des linettes de plus en plus moches, voire même fumées beaucoup plus tard.

Mon père était le PDG d’un grand laboratoire, grandeur et décadence, je résume en ces deux mots toute la vie de notre famille.

Au début de ma scolarité j’allais de la maternelle au primaire chez des dames fort strictes, je m’habituais rapidement à leur manière sévère de nous réprimander quand nous dépassions les bornes, je me fis des copines mais pas de véritables  amies.

EvaJoe ( extrait d’un livre jamais publié écrit en 2000)

Quand la lande refleurira

La voici ma surprise :

Un extrait de mon roman, quelques lignes pour vous inviter à venir voir si avec ces quelques mots je vous donne envie de me lire.

Si dans le résumé vous connaissez déjà deux personnages, dans cet extrait vous allez en découvrir d’autres. Ne vous inquiétez pas j’ai mis en tête du livre l’ensemble de ceux que vous allez rencontrer le temps de votre lecture.

Soit vous me donnez vos premières impressions ici, soit vous le faîtes sur Facebook.

D’avance Merci !

A quelques encablures de la crique, un grand voilier noir vient d’emprunter le chenal mais seul un canot s’en détache et à la rame, on peut apercevoir une belle femme aux cheveux flamboyants. S’il y avait eu des promeneurs ils auraient pu la reconnaître, car Gwen était de retour.

Qui l’a amenée à proximité de la crique?

Nul ne le sait. En ce moment, Gwen sourit  en imaginant la tête des taiseux du village, quand ils la verront au solstice d’été.

Gwen est une belle rousse aux cheveux longs et frisés, aux yeux verts, une peau blanche, un nez fin, une jolie bouche en forme de cœur. Naguère, elle en avait fait tomber des hommes mais peu d’entre eux avaient eu la chance de se promener à son bras. Sauf Erwan Le Bihan.

La voici sur la plage déserte à cette heure, la jeune femme prend son sac sur le dos et à la force des poignets, entreprend la montée de la falaise, elle en connaît les risques mais c’est plus rapide que de chercher le chemin côtier qui s’élève à flanc de rocher. Bien entendu, elle aurait préféré arriver par le port, mais elle ne voulait pas attiser les rancœurs de certaines familles, qui voyaient en elle le mauvais œil. Puis la petite fille de Maryvonne aimait bien imaginer son arrivée inattendue qui allait entretenir les langues de vipère de Madec et sa femme.

 Lorsqu’elle atteint la lande, fort belle sous les rayons du soleil couchant, Gwen ne s’attarde pas à l’admirer. Alors qu’elle marche d’un bon pas, sans s’inquiéter de trouver des promeneurs. la fille de Soizic entend une voix qui chantonne, il ne faut pas qu’on la découvre  autant laisser planer le doute sur la manière dont elle est arrivée sur l’île.