Lumières dans la nuit/27

Priscilla est un oiseau blessé par la vie. Sa mère lui a dit : » tu l’as bien cherché à aguicher tous les hommes » . Alors que cette gamine sortait d’un traumatisme important ce sont les seuls mots de réconfort qu’elle a reçu. J’en suis là de mes réflexions lorsque je vois Damien qui m’interpelle :

Oh tu dors, Magalie et Thomas sont parti pour l’hélicoptère, toi je t’emmène les rejoindre avec mon coupé.

Ah ca commence Thomas me pique Magalie. Damien me regarde interrogatif puis devant mon rire ajoute :

Ah c’est une boutade, tu m’as bien eu

Et tous les deux nous partons au pas de courses récupérer le coupé de Damien. Puis nous rejoignons Magalie et Thomas qui nous attendent vers le terrain de foot où ma section de gendarmerie à laisser l’hélicoptère sous bonne garde car de nombreux badauds sont venu le voir.

Direction Annonay où nous récupérons nos quatre prisonniers qui ne sont finalement pas partis en voiture cellulaire. Une crevaison stupide à retarder leur départ. Mohamed de son surnom Mo notre lieutenant les a menotté avant de partir. Hervé tire une sale gueule, j’essayerais au cours du voyage de lui adresser la parole sans interférer sur l’enquête qui va commencer dans nos locaux à Sathonay

Thomas leur dit vous allez être heureux un de vos amis va nous accompagner. Votre cher directeur va faire le voyage avec nous, certes il n’est pas en état de parler mais je pense que vous aurez sûrement beaucoup de choses à nous dire. Sinon vous allez avoir du souci au « zonzon  » lorsque vos compagnons d’infortune vont apprendre que vous avez violé des enfants.

Tous ont la tête baissée, selon Mohamed ils ont tout mis sur le dos d’un chef qui leur avait dit de se servir. Hervé quant à lui n’est pas mêlé au viol mais il est celui qui planquait la drogue. Pour le GHB il a nié toute implication, cela peut se comprendre si personne ne lui a dit ce que c’était. Possible qu’il est pensé que c’était de la drogue sous une autre forme.

Pour le chef seul Justin le connait. Ça arrange tout le monde il est dans le coma. Il l’aurait rencontré en prison. Ils ont reçu l’ordre par téléphone de trouver de « la chair fraîche la plus jeune possible ». Tout s’est recoupé lorsque Devon sans le savoir à corroborer ce que Mich leur a dit.

Il leur a expliqué que quelques mois auparavant. Un soir ou il est rentré complètement shooté par la drogue son frère lui a dit :

À la Duchère il y a un nouveau caïd, il est teigneux et manie la gâchette facilement. Il va nous le prouver en tuant un type qu’il connaît et dont il veut se débarrasser. La cité était déjà la plaque tournante de la drogue, mais maintenant ce mec qui se fait appeler « dieu » reçoit des ordres de la pègre de Lyon. On m’a recruté car je le connais. C’est bien payé, on n’a pas grand chose à faire. Il suffit de se présenter à la MJC de Vaulx-en-Velin, le directeur est un fumeur de cannabis, il ne fera pas de vagues sinon le grand chef le vendra aux « Keufs ». On lui dira que l’on veut être directeur de camps et on spécifie que c’est en Ardèche.. il nous fera une fausse attestation pour être directeur. Mais Devon ne voulait pas participer à un camp. Il était connu sur Vaulx-en-Velin car il servait les jeunes du collège et du lycée quand il n’était pas dans les cuisines.

Mo etait intervenu en lui demandant comment se faisait-il qu’il était venu. Son histoire n’était pas très crédible mais cette nana qui devait faire la cuisine avait confirmé avoir cassé avec Justin. Donc dans l’urgence ils avaient besoin d’un cuisinier. Justin tout naturellement avait demandé à son frère.

Quant à la jeune femme ils avaient réussis à la joindre et avait confirmé les dires de Devon, elle avait cassé avec Justin car elle n’avait pas voulu être mêlé à de drôles de trucs. Mo pensait qu’elle en savait davantage mais n’en avait rien dit. Il verrait pour la suite s’ils avaient besoin d’un témoignage.

Lorsque j’ai demandé à Devon ce qu’il devait faire , il a d’abord hésité puis nous a dit :

Je n’ai plus rien à perdre sauf à sauver ma peau, par contre je vous en supplie rechercher le commanditaire car si je parle lui me tuera comme il a tué le gamin en le tapant avec une pierre sur la tête. Après il a simulé un éboulement.

Alors comme il c’était mis à table j’ai poussé plus loin mon interrogatoire et là il m’a tout déballé. Le gourou comme dieu et Justin l’appelle voulait de la chair fraîche car il était en relation avec des personnes en Afrique qui voulaient des blanches et très jeunes. Alors en profitant d’un camp, on aurait eu leurs adresses, leurs noms leurs habitudes et tout redonné à « dieu » qui en aurait fait part au grand Manitou, gourou à ses heures perdues. Après on ne s’en mêlait plus, on transférait tout. A eux de les kidnapper.

Mais son frère porté sur la chose avait craqué d’abord sur Jamila mais il s’était ramassé une prise de judo qui l’avait envoyé valsé au sol. Il s’était rabattu sur Priscilla qui lui avait dit être vierge, mais avec du ghb elle n’avait rien dit et en plus il l’avait drogué. C’était sa chérie comme il disait. C’est lui qui avait proposé à un groupe très précis de se rendre au château pour faire l’anniversaire de Jamila. Il avait eu l’idée du château car courant mai son frère était venu avec deux personnes visités les lieux. il connaissait les souterrains et les oubliettes, donc il savait qu il pourrait se planquer et faire sa sélection. Mais on ne sait pas comment le gourou a été mis au courant car il a fait une descente.

Le gourou n’a sûrement rien su, il est simplement venu voir si tout se passait bien c’est ce que suggère Thomas.

Il s’était relayé à trois pour savoir quand ce commanditaire était venu et surtout qu’avait-il fait ? Stan qui a son BAFA avait juré qu’il avait été entraîné par Mich et leur avait expliqué que le jeudi dans l’après-midi un gars d’une soixantaine d’années s’était pointé par le village le plus abandonné, il avait appelé Justin et Devon de le rejoindre dans une salle du haut. Il avait eu l’impression qu’il connaissait bien les lieux.

Avec Mich ils s’étaient mis dans un angle car par un jeu d’acoustique même si les autres chuchotent ils pouvaient suivre la conversation. Et ce qu’ils avaient entendu lui avait glacé le sang. Stan ne voulait pas être mêlé à ce qu’avait programmé ce dingue. Il était aussi question de se venger d’un vieux à Lajaresse.

Aussi il avait eu une idée pour sauver le plus de jeunes filles. Aidé par un animateur il avait suggéré un jeu, il leur avait proposé d’accepter de se faire enfermer dans une des oubliettes, mais surtout elles ne devaient faire aucun bruit. Au cas où cela dure il leur avait remis de la nourriture, de l’eau et des couvertures car il ne faisait pas très chaud. Par contre il manquait deux filles : « Priscilla et une gamine qui était du camping. Quand à Jamila elle s’était sauvée. Il y avait aussi un garçon qui manquait à l’appel. Au moment de les quitter Mich l’avait pousser dans l’oubliette. Du coup il était enfermé et il avait pu leur expliquer la raison pour laquelle ils étaient enfermé.

Ils s’étaient tous aperçu qu’on les cherchait. Toute la nuit Mich avait fait de la moto dans les souterrains, ce dernier avait dit à ce sujet que c’était des rondes pour voir si personne ne découvrait la planque des filles.

Au moment où ils avaient entendu comme un éboulement il avait pris peur et aidé par les gars ils avaient tout d’abord trouvé du bois et réussi en faisant levier sur la porte à l’ouvrir.

Et comme il n’avait pas revu ni Justin, ni Jamila il avait pensé qu’ils étaient de mèche. Il ne connaissait pas la gamine qui était morte. Elle avait dû arriver plus tard.

Magalie qui entendait ce que leur racontait Mo était d’une pâleur extrême. Qui etait ce mystérieux commanditaire qui pour lui les jeunes filles étaient du bétail que l’on emmenait dans la prostitution. Autrefois Lyon etait au même titre que Paris un haut lieu de la prostitution. Des rues entières avaient chacune leur maison close. Et les pauvres filles arpentaient les trottoirs. Mais là c’était pour en faire des esclaves sexuelles.

Mais ce type sans foi ni loi issu soi disant de la pègre de Lyon avait des ramifications avec un pays Africain. Comment pensait-il les emmener ?

Il fallait se rendre à l’évidence nous n’avions que le menu fretin, Justin lui a rencontré le chef « dieu » en prison, de petit dealer il est passé à fournir des jeunes filles à un gourou.

Devon quant à lui qui travaillait dans un restaurant scolaire comme cuisinier aurait pu fournir des jeunes filles, mais selon ses dires il avait décliné toute implication dans ce qu’il appelait une folie.

Mich jeune dealer sur Vaulx-en-Velin avait passé son BAFA, poussé par Justin qui voulait avoir un oeil sur l’ensemble des animateurs. Il avait sympathisé avec Stan car ils dormaient dans la même tente. Stan une nuit s’était étonné de ne pas le trouver dans la tente. Il l’avait attendu et comme il puait la drogue il lui avait raconté succintement ce qu’il devait faire. Jouer les rabatteurs pour le directeur afin de voir quelles filles craqueront pour lui. Il c’était bien gardé de lui donner la vraie raison. Il avait joué le jeu puis s’était rétracté mais comme il savait ses noms et prénoms il craignait pour sa vie.

Stan va être protégé tant que nous n’aurons pas mis le main sur les deux autres. Du coup de prisonnier il devient témoin assisté. Nous lui avons demandé de nous dessiner un portrait robot de l’homme de 60 ans.

Avions-nous coincé qu’une partie de la bande, qui allait craquer le premier ? Au moment où nous partons vers Lyon nous n’en savons rien, mais tout allait prendre une direction inattendue.

Nous admirons au loin les Alpes, nous ne les survolons pas, Thomas promet une virée un de ces quatres avec un Twin Otter, un avion à hélice qu’il possède.Je suis déjà monté avec lui, il y a le bruit des hélices mais pour un petit voyage c’est fort agréable. Et en plus du pilote et du co-pilote on peut y monter une quinzaine.

Nous voici à la périphérie de Lyon, on atterrit sur notre piste. Les trois prisonniers sont muré dans un silence impressionnant. Quand au soi-disant cuisinier directeur il est dans le coma mais ces jours ne sont plus en danger il répondra de ses actes. Stan est libre mais préfère rester chez nous.

Quant à Jamila j’ai appris par Paul via un sms qu’elle avait mal réagis à l’anesthésie et qu’ils avaient été obligés de la plonger dans un coma artificiel.

Au même moment je reçois un sms de Julien il a entendu Mamounette dire que Jamila parle dans son sommeil et ses propos sont étranges selon Julien. Il ne sait pas quoi en penser mais il a donné à son père le surnom répété en boucle par son amour d’ados : c’est le « Kiki » qui est venu, le Kiki voulait me tuer.

Je ne dis rien à Julien mais j’ai un doute qu s’insinue en moi. Hélas je pense le connaître ce mystérieux chef, cependant il est plutôt homme de main, mais commandé un groupe important, non je ne le pense pas, par contre obéir aveuglément à un ordre ça il sait faire.

Avant de repartir sur la Duchère je vais assister à l’interrogatoire de Devon.

C’est Thomas qui s’y colle, lui doit pouvoir m’ en dire davantage sur leur mystérieux commanditaire. Dans un premier temps il ne dit rien mais lorsque je lui laisse entendre que je connaîs leur chef il se met à table et dit à Xavier. On devait mettre le village à feux et a sang pour mettre la merde dans votre famille. Il y a un contrat sur votre tête Commandant Xavier Pol.

Personne ne me connait sous ce nom, même mes hommes me nomment encore Commandant Denis. Étrange ! Qu’est-ce que cela laisse présager ? Et si mes doutes…

Si ca l’atteint au cœur, il ne profère aucun mot, seul un sourire apparaît sur son visage et il lui dit je le sais et votre dieu va tomber dans le piège que je lui ai préparé.

Comment avez-vous pu le savoir je n’ai pas dit son vrai prénom.

La seule chose que vous ignorez Devon c’est que jusqu’à ma troisième je suis allé à l’école des frères Maristes et j’ai fait le rapprochement entre dieu et le Christ. Or qui a dans mes connaissances un prénom qui commence par Christ et bien c’est Christian Denis, ce gamin que j’ai adopté et qui me voue une haine féroce car j’ai bougé lorsqu’il a pointé son arme sur moi, et il a tué sa mère d’une balle dans la tête. Quoique il me détestait bien avant la tuerie.

Voilà vous savez tout mais vous ne pouvez pas lui le dire afin qu’il s’enfuie. Maintenant si vous avez un sou de bon sens vous me donnerez son adresse.

Mais vous ne savez pas tout Commandant Xavier, Christian n’est pas le commanditaire il y a une personne au-dessus de lui. Car vous ne vous étonnez pas que l’on soit venu dans votre village.

Le gamin marque un point, c’est cela qui me paraît étrange, comment ont-ils pu savoir que je m’étais arrêté à Lajaresse. Lorsque je rencontre mon grand-père je ne connais pas le village. C’est lui qui me raconte ça en me prenant pour son fils. Il joue au vieux Monsieur sans ressource alors qu il est à la tête d’une fortune colossale. Il a pignon sur rue dans les quartiers chics de Lyon. Il possède un nombre incalculable d’appartements. A qui tout cela peut faire de l’ombre ?

Je pense que là où nous en sommes je devrais appeler mon grand -père, mais je n’en ai pas le temps, on m’appelle. Comme je suis dans des locaux de la gendarmerie de Région je met mon téléphone sur écoute. Thomas fait le nécessaire et ramène Devon en cellule.

Allo

Mon fils

Vous vous trompez qui êtes-vous

Ton père !

Ça t’en bouche un coin, je sais que ce vieux grigou qui est ton grand-père va me déshériter, il a du fric à ne savoir qu’en faire et moi je n’ai pas un sou.

Il faut que je réagisse que je dise n’importe quoi ?

Si Pépé te déshérite c’est qu’il doit y avoir une raison. Puis il a sûrement changé d’avis, puisque j’étais sur ta piste, je te cherchais et c’est toi qui te jette dans mes bras. Et maintenant j’ai tout compris je sais que tu as sous ta coupe mon fils adoptif.

Si tu sais tout c’est que tu es extrêmement doué car j’ai cloisonné ma vie. Christian je l’ai rencontré en unité psychiatrique alors qu’il y avait été interné de force par toi.

Vous faîtes erreur Monsieur , et tout bas, mon père, je n’ai jamais interféré sur la vie de Christian c’est ma femme sa mère qui avec l’appui d’un juge pour adolescents l’a fait interné, faut dire qu’à 14 ans il entendait des voix. Ça le perturbait. Mais tu y faisais quoi toi ?

Je vois que tu ne connais pas tout de moi, a cette époque j’étais médecin psychiatre. Je t’arrête tout de suite, ne gamberge pas, j’étais un faux médecin.

Je vois c’est toi qui a permis au directeur de faire un faux BAFD , je pense que tu es fou. Car pour m’atteindre tu as monté un plan machiavélique. S’en prendre à des gamines innocentes.

Fou comme Christian qui se fait appeler « dieu ». Et je l’entend rire c’est le rire d’un dément.

Ce que me dit cet homme c’est comme un uppercut que je reçois en plein cœur. Je dois être d’une pâleur à faire peur. Retrouver son père et apprendre par lui des horreurs. C’est plus que je suis capable d’entendre.

J’ai fait tous les métiers car ton grand-père ce charmant Monsieur m’a mis à la porte le jour de mes 17 ans, il a dû te dire que j’avais fugué.

Je ne dis rien , je sais que son téléphone est en train d’émettre dans la pièce à côté et avec une triangulation on devrait savoir à 2 mètres près où il se trouve. Je dois continuer à le faire parler.

Quand je lui dis Damien est tout autant ton fils que moi pourquoi m’en veux tu seulement à moi.

Damien quel Damien ? Je n’ai qu’un fils c’est toi.

Joue moi pas la comédie je suis allé vérifier il est né dix ans après moi.

Ah lui, en effet c’est mon fils je l’ai reconnu mais s’il est avec toi il sautera aussi.

Au même moment Mohamed me dit c’est bon on intervient.

Je raccroche et attends.

Puis à nouveau mon téléphone sonne c’est Thomas il m’avertis que le dénommé Denis est arrêté, il n’a opposé aucune résistance il a seulement dit : ce gamin est plus doué que son père.

Retour à la case départ, cet individu est le commanditaire mais où est Christian et pourquoi il m’en veut à moi en particulier ? Comment se fait-il que mon père cité pour exploit, bardé de médailles toutes plus honorifiques les unes que les autres se roule désormais dans la fange.

Denis pourquoi a-t-il le même nom que ma famille adoptive ?

A suivre…

Lumieres dans la nuit 26/

Nous revenons main dans la main comme des dizaines d’amoureux. Quelle belle soirée nous venons de passer ! J’appréhende la nuit ayant peur de la brusquer, faisant des comparaisons entre Julie et Magalie. Vais-je être capable de la retenir, elle sait que Julie a tenu une grande place dans ma vie. Même cursus scolaire, même métier. Et si elle partait après m’avoir entendu une énième fois lui dire Julie.

Magalie doit sentir ma nervosité car en arrivant à la hauteur de l’arche, elle me dit attend. Se hausse sur la pointe des pieds car elle est plus petite que moi et m’embrasse fougueusement.

J’entends une voix tonitruante nous dire :

 » Bonsoir les amoureux »

Je reconnais cette voix, c’est celle du Capitaine Frémont. Il est avec sa femme, il nous salue, nous présente sa jeune femme et nous discutons comme si nous nous connaissions.

Nous sommes amusés d’apprendre que nous avons mangé dans le même restaurant. Mais si eux nous ont vu ce n’est pas le cas pour nous.

Vous étiez trop absorbés à vous dévorer des yeux

Nous éclatons de rire, ce qui permet à la tension emmagasinée ces heures passées de s’évanouir.

Nous promettons au couple de venir un soir avant la fin juillet pour manger chez eux. Je sais que le capitaine aimerait en savoir davantage sur mon unité spécial. Nous repartons en suivant le chemin qui surplombe l’Ardèche. J’allume les abords pour éviter de chuter.

Nous passons par la porte du jardin, Rosemonde notre hôtesse nous avait remis la clef. De cette façon nous entrons sans croiser ce soir les autres hôtes.

Un silence se fait entre nous chacun a ses idées qui s’envolent, les miennes sont terre à terre, je pense que Pépé avait raison j’étais amoureux de Magalie avant de le savoir au plus profond de moi.

Nous voici dans notre cabane, certes elle n’est ni dans un arbre, ni dans un bois, mais c’est un petit nid pour amoureux. Nous prendrons notre temps je ne veux pas la brusquer. Elle a été marié, une histoire douloureuse selon ses premiers mots, mais pour elle c’était il y a quatre ans, ils se sont quitté, aucun enfant, c’est son seul regret, pour le reste c’était selon ses mots un crétin.

D’elle-même elle s’est assise sur mes genoux, je lui laisse l’initiative, j’aime à la fois recevoir et à la fois prendre en total confiance. Elle se colle à moi telle une sangsue. Sa bouche est chaude et son regard lumineux. Elle déboutonne ma chemise et caresse mon torse. Et avec un petit rire me dit

Tu te rases

Non j’ai une peau de bébé

Au bout d’un moment je lui explique partiellement qu’au cours de certaines opérations j’avais besoin d’avoir la peau lisse. Ce qui lui donne un sujet pour rire à cause du jeu de mots. Je pense que les premières fois nous aurons besoin de nous laisser porter et d’être léger. Mais mon corps a été privé des moments d’union avec ma, une femme et je suis impatient.

Je prend Magalie sous les cuisses et la dépose sur le lit, j’allume la lampe d’ambiance, nous nous caressons mutuellement, je découvre son corps. Elle a deux seins très fermes, un ventre plat. Deux longues jambes. Sa toison est rousse et pourtant c’est une brunette. J’aurais dû m’en douter avec ces petites tâches de rousseur qui ce soir apparaissent et que dans la journée elle masque. Elle me dira plus tard avoir été enfant le souffre-douleur de ces petits camarades. Mais pour l’instant je ne me pose pas de question, je suis très attentif à lui donner tout mon amour.

Elle frissonne et je guette son regard pour être sûr de son consentement plein et total Moi je suis obnubilé à ne pas commettre un impair, j’ai peur que dans l’instant extrême je ne l’appelle pas Magalie:

Mais « Julie ».

Lorsque son plaisir atteint les extrêmes de l’extase je sais que c’est Magalie que j’ai dans mes bras. Et lorsqu’elle m’offre son plaisir je suis enfin libéré.

Nous passons la nuit à ne faire qu’un et c’est épuisés que nous partons dans les bras de Morphée. Je me réveille plusieurs fois ayant peur de la voir disparaître et sur le matin je vois les yeux pleins de reproche de Julien et les larmes de Nicolas. Je me réveille en sursaut et fort angoissé. Je ne peux pas partir sans avoir parlé à Julien.

J’essaye d’oublier ce mauvais rêve et nous nous rendons dans le patio où notre hôtesse nous a préparé un déjeuner fabuleux. Rien de tel pour commencer la journée. Nous apprécions la délicate attention qu’elle a faites , nous avons chacun un petit filet remplis d’un pot de crème de marron, de confitures de framboises faites maison et d’autres spécialités culinaires de l’Ardèche.

Les autres vacanciers font eux aussi leur apparition et s’ils s’appliquent à nous saluer en français ce sont tous des étrangers. En Ardèche nous sommes les seuls français. Vallon-Pont-d’arc est vraiment prisé au-delà de nos frontières.

Heureusement que nous avons ces moments de communion intense, loin de ce que nous avons vécu pour se ressourcer. Car je pense que sans Magalie je serais reparti sur Lyon. Et tout en pensant ça, je vois défiler tour à tour ceux qui m’ont accueilli à bras ouvert et je me réjoui d’être avec eux. Ils sont ma famille et demain elle s’agrandira avec Magalie et je l’espère en cet instant nos enfants.

Magalie ne dit rien elle me prend la main et me laisse dans mes rêves lorsque soudain elle retire sa main, se lève et me dit :

Je te laisse.

Je suis perdu pourquoi elle part mais qu’est-ce qui vient de briser ce moment d’enchantement ? Mais lorsque j’entends : « Papa » je comprend.

Thomas et Damien sont arrivé, ils ont amenés Julien. Je lui propose de prendre une tranche de pain frais et de la tartiner avec de la crème de marron il ne se fait pas prier, il revient avec un grand verre d’orange et un quart de baguette rempli de crème de marron. Puis il me dit je peux prendre un chocolat chaud je n’ai pas eu le temps de déjeuner, Damien m’a proposé de me descendre chez Papounet et Mamounette je vais revoir Fatima et faire connaissance avec son mari. Puis nous irons à l’hôpital rendre visite à Jamila.

A cet instant je suis persuadé que Julien noie le poisson, certes il va bien aller chez Paul et Béatrice mais il est là pour nous avoir vu échanger un baiser. J’espère qu’il en a déjà parlé soit avec Thomas soit avec Damien, non que je fuis mes responsabilités mais plus parce que je le vois assez détendu.

Au meme moment je reçois un sms de Thomas, il me dit :  » sacré gaffeur tu aurais pu attendre pour dévorer Magalie, Julien nous a fait une crise de nerf. Là je pense que tout va mieux. Mais il va falloir y aller doucement. A toi de jouer vieux frère. »

J’attends un instant et je commence à parler avec Julien ou plutôt c’est un monologue. Au début il a la tête sur son chocolat et ne l’a relève pas, mais peu à peu il m’écoute.

 » Ta maman c’était mon cap, mon phare, je l’ai connu comme toi tu as connu Jamila en troisième. J’ai fait tout mon lycée avec elle, la vie ne nous a pas totalement séparé puisque c’est ensemble que nous avons pris le chemin de l’école de gendarmerie de Montluçon. Elle est sortie major de notre promotion. Nous avions un demi point d’écart, et Thomas un point d’écart. Thomas ton parrain était amoureux de ta Maman, mais qui aurait pu ne pas la voir tant elle illuminait tous ceux qu’elle croisait. Mais Julie ta maman n’aimait que moi. J’étais comme elle disait un rocher sur lequel elle pouvait s’appuyer.

Avant ta naissance nous avons eu comme toi et ton frère le savez une fille, elle est partie tel un petit ange alors qu’elle allait avoir trois mois. Une leucémie foudroyante nous l’a enlevé. Cela nous a rapproché et Thomas a toujours été proche de nous, nous a soutenu devant ce grand malheur, puis la vie a repris, notre métier nous accaparant nous ne songions pas à recommencer à avoir des enfants. Enfin pas tout de suite. Puis tu as pointé le bout de ton nez, elle a décidé de prendre un temps plus long après ta naissance car 3 ans après elle pensait toujours que c’était sa faute si notre petite Marine nous avait quitté. C’est Thomas qui l’a aidé à surmonter tout ça, car j’étais comme Julie coupable de n’avoir rien vu. C’est mon frère à tout point de vue mais ça aussi tu le sais. Et je continue à lui le dire que c’est un ami si proche qu’il sait tout encore aujourd’hui de moi. Trois ans après toi nous avons eu Nicolas, pas très gros, il est resté en couveuse trois mois. Ta maman qui commandait sur Paris une brigade de recherche d’enfants voués à la prostitution me manque terriblement aujourd’hui, elle aurait sû me soutenir et m’aider.

Lorsque ton frère est revenu à la maison elle s’est mis en indisponibilité pendant un an. Nous avons quitté la Région Parisienne lorsque tu es rentré en CP. J’ai été nommé Commandant sur la Région Lyonnaise pour venir à bout du grand banditisme. La vie a suivi son cours. Ta maman pour être proche de vous a repris un travail à trois quart de temps. Christian a toujours été un enfant difficile mais Julie ta mère savait le canaliser jusqu’à ce jour fatal… Julien m’interrompt et me dit :

« Papa je sais ce qu’il s’est passé, je veux juste savoir comment tu fais pour aimer Magalie après tout ce que tu as donné à Maman. »

Et j’hésite et finalement je lui dit ce que je ressens au plus profond de mon coeur. Que leur Maman restera à tout jamais dans mon coeur, Magalie le sait mais ai-je le droit de me priver de l’amour d’une autre femme sous prétexte que la mère de mes enfants est partie à tout jamais tué par son propre fils. Et lorsque je lui dit les derniers mots de ma Julie, Julien est très étonné.

Sais-tu ce que m’a dit ta Maman avant de mourir,

Je t’aime

Non

Ah !

Les derniers mots ont été pour Christian dis- lui que je lui pardonne, il était jaloux de toi alors il m’a tué. Et seulement à la fin lorsque penché sur sa bouche elle m’a dit tu es mon amour mais pour nos enfants refais ta vie.

Julien s’est jeté dans mes bras en me disant

Oui, Papa recommence à vivre, et refais ta vie comme Maman te l’a dit. Qui je suis pour t’en empêcher ? Que ton fils et si je suis dans la haine je vais devenir comme Christian et Maman là où elle est serai trop malheureuse. Puis Magalie va être mon professeur au lycée je vais me mettre dans ses petits papiers et il a éclaté de rire.

C’est ainsi que Paul nous a trouvé, appelé discrètement par Thomas. Il était avec un jeune homme qu’il m’a présenté comme étant le mari de Fatima. Mohand de son prénom une vingtaine d’années. Mohand et Julien après m’avoir embrassé fort longtemps est parti rejoindre à pieds le camping de l’Arche et Paul m’a dit merci pour m’être impliqué dans la recherche de Jamila, alors qu’il m’avait trouvé plus qu’épuisé l’avant veille.

Nous ne sommes pas que des brutes, lui ai-je dit en riant, nous sommes proches de la population, nous leur venons en aide quel que soit le contexte. Sans enlever la douleur de ceux qui ont perdu leur fille je suis heureux que vous ayez retrouvé Jamila certes blessée et sûrement traumatisée mais vous connaissant depuis fort longtemps je sais qu’elle va pouvoir s’en sortir plus que Priscilla.

A suivre…

Lumières dans la nuit /25

Quelles belles descentes ! Les jeunes s’amusent comme des fous et c’est bien de leur âge. Pendant le repas ils nous demandent de ne pas les ramener à Lyon, ils ont besoin d’être là. Ils avaient pleins d’activités de prévues. Escalade, rafting, foot les jeunes du camping contre les colons. Un barbecue géant, et la liste était beaucoup plus longue. Ils ont intercéder auprès de Magalie afin qu’elle soit leur directrice. Elle ne leur a pas dit non, mais elle verrait plus tard.

C’est certain que ce serait l’idéal, mais elle doit nous rendre rapidement une réponse car le bus de la gendarmerie ne viendra pas chercher les jeunes du camp si nous avons une encadrante. Mais est-ce la bonne solution ? Pour l’instant tout va bien, mais il y a un malaise parmi les plus vieux des adolescents. Avec Thomas il nous semble que ce n’est pas judicieux de laisser ce groupe en l’état sur place. C’est vrai que ceux qui ne sont pas allé au château mériteraient de finir leur camp.

Nous proposons à Magalie de leur répondre négativement, j’ai comme l’impression qu’elle est soulagée. Le directeur de la MJC va devoir leur trouver un camp d’une semaine pour certains d’entre eux. Les autres vont devoir répondre à différentes questions.

Ceci étant réglé nous pouvons terminer notre descente. A Vallon-pont-d’arc il est 15 h lorsque nous arrivons, nous organisons des jeux d’eau, les gamins se baignent. Tout se passe bien, ils s’amusent insouciant du drame qui s’est joué dans la nuit de mardi à mercredi. Mais nous ne pouvons pas leur en vouloir. Thomas doit aller récupérer à la gare routière d’Annonay l’éducateur du jeune qui est mort. Il doit le reconnaître car les parents ne sont pas là, ils sont partis au bled comme nous a dit le frère aîné au téléphone.

Nous laissons les marabouts, car ils vont servir en août pour un autre groupe, apparament les quatres jeunes qui viennent sur le village restent le mois et demi sur le camp. D’où l’escapade des parents sans leurs enfants.

En fin d’après-midi les dix jeunes et leurs animateurs partent accompagné par deux gendarmes. Ils arriveront à Vaulx-en-Velin d’ici deux bonnes heures. En espérant que tous les parents seront présents. Nous regagnons notre village qui j’espère va redevenir paisible.

Magalie discute avec Thomas, elle me fuit littéralement. Damien écoute le récit partiel que je lui fais de ma nuit. Il est interloqué, mais pense que si je lui ai dit Julie au lieu de l’appeler par son prénom elle peut-être mal à l’aise.

Que je suis bête, voir même un pauvre type, c’est certainement ce qui met Magalie dans l’embarras. Si je la confond avec une morte, elle ne peut pas continuer à ébaucher une histoire d’amour avec moi.

Damien et Thomas me proposent d’emmener Magalie au restaurant, ils s’occuperont de Julien. Il faut que je déstresse. Je suis bloqué, malheureux depuis quinze mois. C’est l’occasion rêvée de me changer les idées. Damien me prête son cabriolet, il remontera en jeep avec Thomas.

Rapidement je rejoint Magalie elle discute avec Isa l’éducatrice et ex femme d’Hervé.

Je m’excuse Isa je dois vous enlever Magalie.

Nous allions nous quitter, vous remercierez Claude il garde Luc, car il n’aime pas être en HLM. Il faut dire qu’un appartement cela n’a rien à voir avec une maison.

Magalie semble hésiter à me suivre mais je la prends contre moi et lui dépose un baiser sur la bouche en lui disant je ne veux rien entendre juste une réponse à ce baiser.

Xavier êtes vous certain que c’est ce que vous voulez ? Car moi je peux m’en aller à tout jamais. Je n’ai pas envie d’être Julie, je veux être sur que c’est bien à moi que vous avez envie de faire l’amour. Bien que je respecte la mère de vos enfants et bien entendu sa disparition brutale ne pourra jamais s’effacer de votre esprit mais promets moi de ne jamais me redire je t’aime Julie.

C’était bien la raison pour laquelle, Magalie me fuyait. Je me suis mise à ses pieds en lui disant solennellement c’est bien à vous que cette nuit j’ai fait l’amour.

Mais si j’aime bien l’imprévu il faudra éviter de me surprendre dans mon sommeil car je devais rêver à Julie et, c’est ainsi qu’elle faisait lorsqu’elle revenait de ses interventions.

Pardonne-moi

Tu ne pouvais pas le savoir

Et je lui donne à nouveau un baiser langoureux jusqu’à ce qu’en relevant la tête je vois Julien qui me regarde. Il va pour venir vers moi, mais finalement il hausse les épaules et s’en va. Je parlerais avec lui, sa mère c’est la seule femme qu’il voyait avec moi. Alors que j’embrasse Magalie s’est sûrement pas facile à admettre.

Je vais t’emmener vers mon hôtesse où je suis allé en arrivant sur Vallon il y a maintenant quinze jours. C’est une chambre d’hôtes, je l’ai averti de me garder une chambre chez elle, si dans le village de Lajaresse cela s’était mal passé je serais venu m’installer chez elle.

On ne va pas remonter sur le village, regarde comment je suis habillée.

Damien va t’apporter ta valise, et tes objets de toilettes.

Et les tiens ?

Je n’ai rien, je suis venu avec un tout petit sac, Thomas va m’apporter un jeans, une chemise blanche. Demain nous passerons chez moi récupérer une valise.

Nous allons toujours sur Lyon

Oui, j’ai différentes courses à faire et je dois récupérer ma mère adoptive, tu ne l’as pas oublié.

Oh pardon , oui j’ai complétement oublié . Désolée Xavier.

Ce n’est pas grave

Notte hotesse est absente, elle m’a laissé un mot, je serais de retour à 17 h , je vous ai mis au fond du jardin dans la cabane en bois , vous verrez c’est très romantique. Et comme je ne l’a loue pas encore ça m’évite de refuser des vacanciers.

J’ai commis plusieurs impairs, j’ai oublié que c’était la pleine saison et de garder une chambre ne pouvait que lui faire un manque à gagner. Je la dédomagerais.

Nous voici tendrement enlacé mais nous n’irons pas plus loin car Damien et Thomas sont déjà de retour. Ils nous rejoignent et nous avons du temps le repas ne nous sera servis qu’à 20 h. Dans le frigo je trouve une bouteille de champagne et une de vin blanc. Quelle belle initiative de notre hôtesse.

Champagne ou vin blanc ?

Vin blanc, garde pour vous deux le champagne.

Tu insinues quoi ? Thomas

Ce qui coule de source

Magalie s’amuse royalement

Nous voici installés lorsque notre hôtesse me demande si elle peut se joindre à nous.

C’est chez vous je ne vais pas vous dire non

Vous pourriez.

Nous passons un moment fort agréable, Magalie nous laisse un moment pour se préparer, lorsqu’elle revient Damien et Thomas la complimentent sur sa métamorphose. Elle a ôté son short en jeans et passé une robe d’été verte qui suit les mouvements de son corps, il y a des fleurs mais c’est fort peu chargées. Elle s’est faite un chignon qui l’a rajeunit. Des ballerines blanches et un sac assorti. Elle est éblouissante.

Je laisse aussi Magalie un instant pour me doucher et m’habiller. Thomas a commandé 13 roses rouges que j’offrirai à Magalie lorsque le livreur sera arrivé. C’est une idée que j’ai eu, je ne savais pas la raison pour laquelle elle fuyait. Maintenant je ne vais pas oublier Julie mais je dois la laisser pour repartir dans l’amour que m’offre Magalie. Je vais pouvoir vivre à nouveau.

A suivre…

Lumieres dans la nuit /24

Damien est passé par l’ouverture afin de lui prodiguer les premiers soins, j’appelle Magalie et je lui demande de téléphoner à Paul et Béatrice.

Prends des gants, de toutes façons pour eux ce sera une bonne nouvelle. Par contre on ne sait pas ce qui lui est arrivé et il y a un type avec elle.

Un type ? Mais qui est-ce ? On a eu la liste complète il ne manque personne.

Je pense que c’est le directeur, selon Mich il était parti, c’est juste parce qu’il ne savait pas où il était. De plus il ne nous a pas dit que la fille n’était pas Jamila, je pense qu’il venait juste d’arriver.

C’est bien probable

Ah autres choses appelle ce numéro et demande le lieutenant Perrin, c’est le pilote de l’hélicoptère

Je lui dit quoi ?

De ne pas aller à Lyon ce jour, nous irons demain. Aujourd’hui nous allons tous faire la descente de l’Ardèche. Devon, Mich, l’inconnu et désormais Hervé vont être transportés en voiture cellulaire à Sathonay ou la police judiciaire vont les cuisiner. S’il s’avère que c’est le directeur et qu’il est transportable il les rejoindra en ambulance.

Xavier

Oui

Non rien

Alors à plus tard

A tout de suite

Bizarre que me voulait Magalie, s’excuser d’avoir forcé mon subconscient de m’avoir poussé dans ses bras. Certes c’est un peu cavalier mais après le baiser échangé, elle s’est doutée que je ne l’a repousserait pas. Par contre je ne comprends pas pourquoi elle s’est sauvée.

A-t-elle eu honte ? Bon si je retournais voir ce qu’il se passe. Jamila a été sortie de l’oubliette, elle s’est évanouie lorsque Damien a essayé de la mettre assise. Elle est déshydratée. On lui a mouillé les lèvres puis installée une perfusion.

Pour le reste nous n’en savons pas plus. Elle n’a pas dit un mot, mais nous avons peur qu’elle aussi est subi un viol. Nous verrons plus tard quand elle sera consciente.

Quant à l’homme c’est bien le directeur, il a une belle morsure à la joue, nous nous demandons si ce n’est pas Jamila, à ce compte-là la petite a dû se défendre. Il a un oeil au beurre noir, et le poignet de cassé ainsi que la jambe. Par contre Damien pense qu’il est touché à la colonne vertébrale, il s’est ramassé les pierres lors de l’éboulement.

Aucun d’entre nous le plaignons, que faisait-il avec Jamila dans cette cellule ? Il a dans sa main un morceau de la jupe de la petite. Effectivement au niveau du côté gauche sa jupe est déchirée. Il y a sûrement eu une bagarre. Et l’éboulement a dû mettre fin aux agissements du directeur. A moins que la gamine l’est tiré hors des pierres. Car s’il les a reçu il n’était pas dessous lorsque Damien l’a trouvé.

Il est à peine 9 h 30 tout est terminé, le directeur et Jamila ont été évacués l’un sur Lyon, la petite à Ruoms. Sa soeur et son beau-frère arrivent ce matin à l’aéroport de Saint-Exupéry à Lyon, Paul n’était pas au camping mais il va pouvoir leur annoncer que Jamila est vivante. On se retrouvera ce soir après la descente en canoë kayak.

Nous descendons avec Claude et cie comme nous a dit Pépé. Nous sommes nombreux. J’espère qu’ils ont pris assez de bateaux. Nous retrouvons les jeunes du camp encadré par mon équipe de Gendarmes. Ils ont apporté les canots pneumatiques de l’armée. Nous pourrons tous descendre. Les gilets de sauvetage sont distribué. Nous avons eu l’accord de Monsieur et Madame Gonzalez, Toto vient avec nous ainsi que les enfants d’Hervé, et leur maman nous accompagne, elle est éducatrice jeunes à la Sauvegarde de l’enfance.

Un drôle de couple Hervé et sa femme. Pour Sophie, s’est-elle aperçue de ces mauvaises fréquentations se demandent Xavier en discutant avec Thomas.

Nous n’oublierons pas le drame mais nous allons tout mettre de côté pour la journée.

A nous les joies de la descente, nous avons formé des groupes selon leur degré de connaissances du canoë kayak. Cela va du débutant aux expérimentés. Béatrice fait signe à Julien elle a avec elle l’enfant dont ils ont la charge, il a 10 ans et s’appelle Roméo. Il a déjà descendu l’Ardèche et comme il aime bien elle me demande si je peux l’emmener.

Bien sûr mais il va devoir attendre son tour car nous n’avons pas assez de canoë kayak. Par contre il ne va pas rester à attendre il va monter dans les canots pneumatiques de mon unité. Assis à côté de moi, Roméo est ravis, il me dit :

Tu laisse Julien faire du canoë je préfère être là. C’est mieux.

Oui tu te fatigues moins.

Il rit, comme cela fait du bien ce rire d’enfants. Va-t-on pouvoir passer nos vacances tranquilles.

Pour la première fois pour l’ensemble des jeunes hormis les adultes nous avons choisis la descente de 12 kilometres. On va rejoindre le Pont d’arc, dès le départ on entend les rires des petits et grands. Ils prennent les toboggans ,que d’éclaboussures, nos gros canoës ne passant pas, nous les attendons plus bas.

Magalie me fuit, elle est montée avec la femme de Claude et une jeune fille et au milieu le plus jeune des enfants de Claude. Les jeunes sont du camping, elles font du canoë toutes les années. Je déconseille à Magalie d’être deux adultes. Une seule reste et Magalie va sur un autre canoë. Je la sens mal à l’aise. Il va falloir que je prenne les devants et lui dise que puisqu’elle le voulait cela m’a fait plaisir qu’elle se soit offerte. Elle ne serait pas venue dans mon lit si elle ne le voulait pas.

Avant le départ nous avons fait mettre dans les containers, les téléphones, appareils photos et le repas de midi que chacun pourra déguster vers le Pont d’Arc.

Ils vont pagayer trois heures, par endroit le cours d’eau accélère, ceux qui ne sont pas en cadence chavirent, mais avec ma brigade nous sommes rapidement à leur hauteur et les aidons à repartir.

Ce soir tout ce petit monde sauf quatre seront reparti en banlieue Lyonnaise. Nous avons affrété un bus. Les quatre sont deux filles et deux garçons, ils camperont sur le village. Nous organiserons ça en fin d’après-midi.

Pour l’instant ce sont les vacances il faut que tous en profitent. Demain ils vont tous être interrogé en espérant que nous en apprendront davantage. Moi je suis de nouveau en repos. J’ai eu des nouvelles de Nicolas, il a dit a Maeline qu’ils étaient cousins, elle lui a répondu je ne pourrais pas t’épouser.

A suivre…

Lumières dans la nuit /22

Je vois que Magalie s’attarde, alors je commence à y aller, elle connait la maison mais nous n’avons pas pensé à quel endroit elle pouvait dormir. Tiens Pépé fume une pipe devant la porte de ma grande tante. Je vais lui dire deux mots.

Tu prends le frais Pépé ?

Oui et non, disons que je t’attendais.

Il y a un souci

Du tout, Damien m’a dit que tu allais amener ta mère adoptive.

Oh je devais t’en parler avant

Ne t’inquiètes pas, cette femme a fait de toi un homme avec des valeurs alors elle sera la bienvenue. Mais ne crois-tu pas que dans ma maison elle va se trouver un peu isolé entre toi et Damien vous devez apprendre à vous connaître. Si elle veut, Lulu a une chambre dans sa maison, elle est pour elle.

Merci Pépé je lui ferai la proposition, je vais la chercher. Maintenant qu’elle est lavée de tout soupçon, elle sera mieux ici que dans son appartement à la Duchère. Puis sait-on jamais si Christian revenait ?

Et pour ton père tu as eu des nouvelles, je voudrais tant le revoir avant de mourir.

Pépé tu ne vas pas mourir, pour mon père j’aurais des nouvelles demain, je vais sur Lyon. Ne t’inquiètes pas par le biais de l’armée nous en aurons des nouvelles.

Claude nous a dit que vous aviez passé une sale journée. Ce n’était pas trop dure..Ton Julien et Anthony ont parlé d’une jeune de 14 ans que la famille d’accueil de ta femme avait accueilli, il est pas mal secoué.

Oui elle est morte je ne sais même pas ce qu’il s’est réellement passé, possible que des pierres de la voûte se soient détachées, car figure toi qu’ils y faisaient de la moto.

Mais les vibrations ont dû ébranler les pierres, déjà qu’elles ne tenaient pas trop. Ce sont des fous. Tiens voilà la jolie dame.

Pépé pourquoi me fais-tu un clin d’oeil

Tu as un voile devant les yeux, mon garçon.

Bonsoir Monsieur Pol

Oh pas tant de Monsieur ma petite dame, vous pouvez me dire Pépé ou Jeannot. Comme vous voulez.

Pépé Jeannot

Cela me va

Moi c’est Magalie

Je prends note.

Bonne nuit Pépé Jeannot

Chenapan file dormir.

Bonne nuit vous deux.

Grand-père est insupportable, malgré son âge il fait des allusions. Mais je ne dis mot à Magalie, elle ne s’en est peut-être même pas rendu compte.

Nous voici arrivés, veux-tu boire quelques choses ? Génépi fait par pépé, tisane avec des plantes que ma grande tante ramasse et fait sécher, c’est du serpolet, je ne sais pas si tu en as déjà goûté mais c’est délicieux. Où préfère-tu une boisson fraîche, ou un café

Je prendrais bien du génépi fait par ton grand-père , mais j’aurais bien aimé goûter à la tisane de serpolet

Tu peux prendre les deux

Je fais chauffer l’eau, toi cherche des tasses, du sucre si tu en veux et des cuillères.

Magalie a d’autres intentions lorsque je vois son regard je bascule immédiatement, je me noie dans ses yeux. Elle s’approche de moi très près et pose délicatement sa bouche sur la mienne. Je suis sous son charme et je l’embrasse. Je pense que je l’aurais basculer sur le lit de camp de Monsieur Gonzalez si Damien ne s’était pas raclé la gorge.

Damien tu es attiré par le serpolet qui infuse.

Non je viens chercher un verre d’eau pour ma douce femme. Mais je vais lui demander si elle ne préfère pas l’infusion de Tante Lulu.

Magalie s’est vite ressaisie, elle ne fait pas cas de ce baiser langoureux auquel je n’ai pas fait que répondre. Dès que Damien remonte elle me prends la main et me dit :  » merci j’en avais besoin » mais ne te sens pas obligé d’aller plus loin.

Je suis libre Magalie, toi aussi, nous sommes adultes, ça ne se fait pas sur commande, mais j’avoue que si Damien n’était pas arrivé je t’aurais fait mienne.

Ce n’est pas grave, prenons cette infusion.

Demain ça te dis de venir avec moi sur Lyon ? Es-tu déjà montée dans un hélicoptère.

Non jamais

Et bien je t’offre ton premier vol

C’est une blague

Demain nous allons sur Lyon, Thomas le pilote et nous deux. Il y a de la place pour plusieurs hommes, on ramène aussi les chiens et les trois gars qui vont être mis en garde à vue. J’en profiterais pour récupérer ma voiture, tu pourras la conduire car je ne fais pas de longs voyages vu que je prends encore quelques médicaments.

Oui je veux bien , mais les enfants du camping ne font pas la descente de l’Ardèche demain ?

Tout est programmé, mes gars emmènent les jeunes colons plus les enfants et ados de ceux qui nous ont aidés du camping, ainsi que les enfants du village. Claude et Damien et les Hollandais participeront aussi. Ainsi que les jeunes adultes du camping. Ils ont pris les bateaux à trois loueurs.

Ah tu parles de la descente de l’Ardèche de demain, si j’ai bien compris tu ne viens pas ?

Non je vais récupérer ma mère adoptive. Je pense qu’elle logera dans la maison de notre grande tante, Pépé me l’a suggéré. Nous resterons entre jeunes.

Bien, je vous prends la bouilloire et quelques petits sacs de serpolet. Bonne nuit vous deux. Claire a préparé une chambre pour Magalie juste à côté de la tienne.

Tu la remercieras

Quand Damien a tourné les talons j’offre du génépi à Magalie. Elle le boit d’une seule traite je ri, je suis étonné. Du reste elle crache tant c’est fort.

Viens là, pourquoi ne l’as tu pas savouré

Je lui essuie le visage et passe ma langue sur sa bouche ou je cueille une goutte de génépi.

Elle frissonne pourtant la chaleur est à l’intérieur. J’ouvre la fenêtre et descends les moustiquaires, un petit vent frais entre. Je sens l’angoisse de Magalie mais je n’en connais pas la cause. Si elle ne me dit rien je respecte son silence.

On ne va pas finir le génépi, on va plutôt aller dormir. Il est déjà minuit, demain on vient nous chercher à 7 h.

Nous montons, mais auparavant je ferme les volets ainsi que la porte mais elle je la verrouille après avoir mis le gros volet. Magalie m’attend, puis nous montons, j’ai pris sa valise. J’entre dans la chambre attenante à la mienne. Lui montre la cabine de douche, les toilettes et le grand lit à baldaquin. Elle n’en revient pas d’une chambre aussi belle. Je lui dit bonne nuit et m’en vais. Ni elle me retient, ni elle me suis.

Je prends une bonne douche et enfile mon caleçon puis je m’allonge sur le drap qui sent lui aussi le serpolet. Je dois dormir depuis deux heures lorsque je sens le corps chaud de Julie qui se colle au mien. Je m’égare sur sa peau qui est bien plus douce qu’autrefois, l’embrasse, caresse ses beaux cheveux, et doucement devant son corps qu’elle m’offre je la fait mienne, nous qui rêvions d’avoir une fille ce sera peut-être cette nuit. Elle se love dans mes bras comme autrefois et nous nous endormons.

Soudain j’ai chaud, je me réveille, je suis nu, pourtant je me souviens m’être habillé hier. Et, soudain comme une vague qui déferle je me souviens avoir fait l’amour mais a qui, Julie n’est plus, j’ai rêvé puisque j’ai senti son parfum, c’était vraiment réel. Mais Julie est morte, Magalie c’est Magalie. Oh j’espère qu’elle voulait. J’allume mon téléphone, je regarde qui est à mes côtés, il n’y a personne je suis seul.

A suivre…