Lumières dans la nuit /9-1

Ma mère se retrouve rapidement allongée sur le côté, Claude me dit avoir son brevet de secouriste. Je l’ai, mais je n’en fait pas cas.

En se penchant sur elle, il me dit :

Xavier ta mère sent l’alcool à plein nez, si elle ne boit pas je pense qu’elle nous fait un coma éthylique. Appelle le 15.

Ma mère boire, non ce n’est pas son genre, à moins que depuis mon départ elle se soit mise à boire. Mon père enfin son mari lui menait la vie dure. Rien n’était trop bien, trop beau pour lui. Elle était sous sa coupe.

Nous attendons l’arrivée du 15, ils étaient réticent au début, puis après avoir dit mon nom ils se sont empressé d’arriver. Ce qui fait dire à Claude que j’étais connu comme le loup blanc.

Lyon est grand, mais pour l’instant je porte le même nom que mon père adoptif. Et ils viennent juste de constater la mort de mon père, donc en entendant mon appel et le même nom, ils ont du comprendre qu’un autre drame s’était joué. D’où leur réponse positive.

Enfin les voilà,

Le pompier me connait mais ne dit rien, il s’active auprès de ma mère et fait le même constat que Claude.

Xavier tu, vous pouvez regarder ce qu’elle aurait pu boire, regardez un peu de partout. Par contre êtes-vous certain qu’elle n’a pas pris des médicaments ?

Je n’en sais absolument rien, autrefois ma mère ne prenait rien, mais… Je peux demander à la voisine, quand je suis arrivé elle était chez nous.

La voisine vient dès que je lui le demande, elle montre au médecin les médicaments que ma mère prend depuis trois mois. Sans un mot, les pompiers l’emmènent rapidement.

Je remercie la voisine et lui fait signe de s’en aller.

Une fois la porte refermée je marmonne dans ma barbe plutôt que je parle :  » il y aura moins de casse cette nuit, d’habitude c’est plutôt le va et vient des policiers qui interviennent pour débusquer les bandes qui trafiquent de la drogue, ou qui prennent un malin plaisir à mettre le feu aux voiture. Je lève les yeux et voit mon cousin devenir tout pâle.

Et mon vieux ne me fait pas faux-bond, que t’arrive-t-il ?

Tu viens bien de parler de voitures qui flambent. J’espère que le 4×4 ne va pas subir ce triste sort.

T’inquiètes, vu que ma mère n’est pas là, soit nous allons à l’hôtel soit je demande que l’on nous surveille notre véhicule.

Qui va le surveiller ?

Les petits voyous de la Cité

Tu es fou !

Non, t’inquiètes au contraire si je leur promet un billet de 100 € ils nous la surveillerons.

A combien tu files un billet de 100€

A un seul mais il mettra un point d’honneur à ce que personne ne touche le 4×4. je ne vais pas me ruiner

Je suppose que tu sais ce que tu fais. Est-ce que tu vas aller à l’hôpital ?

Ce soir ce n’est pas la peine. Nous verrons demain. Viens je te montre ta chambre, je suis fourbu il faut que je reprenne des forces. Demain j’irais voir mon ami d’enfance et à midi nous irons dans un bouchon dans le vieux Lyon manger une cervelle de canuts.

Une quoi ?

Des spécialités Lyonnaises

Ah d’accord, allez bonne nuit Xavier

Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit et au petit matin c’est le téléphone qui me réveille, c’est mon vieux pote. Il me donne rendez-vous ailleurs qu’au Commissariat ce dont je le remercie.

Claude dort si bien que je lui laisse un mot.

Ce que j’apprends « Au rendez-vous des pêcheurs » me laisse un sale goût dans la bouche. Mon père s’étais mis à frapper ma mère dès mon départ. Et mon ami pense que ma mère a appelé Christian et qu’elle a commandité le meurtre. Les bras m’en tombent.

Je lui demande s’ils en sont certains. Car une accusation est une chose mais accuser sans aucune preuve, aucun témoin c’est allé droit dans le mur. Il faut que ma mère parle. Et là ce n’est pas gagné. Elle est toujours dans le coma.

Je rentre à pieds, passe vers la voiture, ce ne sont pas les deux d’hier au soir qui sont assis à côté du 4×4. Je les salue, me présente et leur demande où sont leurs copains. Je leur file 20€ chacun et leur demande de me les ramener. D’ici 20 minutes je les veux à la voiture.

Et surtout ne leur dites pas que je vous ai donné un billet chacun.

En général dans la cité c’est la loi du silence. C’est chacun pour soi.

Ok Patron, me répond celui qui n’a même pas seize ans.

Je rejoins Claude et lui dit que l’on va s’en aller. Je ferme l’appartement et sort. Je ne reviendrais sûrement plus jamais. Je glisse la clef dans ma poche.

En bas les deux gamins m’attendent. Je m’arrête à leur hauteur et leur demande :

Avez-vous vu Christian la nuit passée ?

Non, ni dans la journée d’hier, ni cette nuit, depuis l’assassinat de votre femme il n’est plus revenu.

Avez-vous entendu parler d’un coup de feu dans l’immeuble de mes parents.

Oui

Et ?

Que voulez-vous savoir Monsieur?

Qu’est-ce qui se raconte dans la cité ?

Ils hésitent, puis finalement le plus jeune me dit :

C’est votre Mère

Ils s’en vont sans réclamer leur billet.

Je ne les appelle pas, est-ce que je m’attendais à cette réponse, plus où moins. Est-ce que c’est ma mère ou non ? Je ne sais plus. Les petits caïds de la Duchère ont soit un nouveau chef, soit Christian est resté celui à qui l’on obéit en n’importe quelles circonstances. A-t-elle fait signe à Christian, l’accuser ensuite lui était facile, Christian a déjà tué une première fois.

Mais c’est à l’équipe de la Brigade saisie du dossier de faire la lumière sur ce drame. Je vais envoyer un texto à mon vieux copain pour lui dire ce que j’ai appris.

Claude nous partons, toujours partant pour déjeuner dans le Vieux Lyon, ensuite je récupère Julien et j’emmène à la MJC son cadet car il part cette nuit à son stage de voile. Et après nous regagnons Lajaresse où je vais oublier cette sordide affaire.

Tu emmènes Julien, et ses résultats ?

Il a eu les résultats de son Brevet, réussi du premier coup. J’espère que c’est pareille pour ton fils et celui de ton voisin.

Ma femme allait voir les résultats ce matin, ensuite elle doit faire des courses.

Avec quelles voitures est-elle descendue ? Vous en avez une autre ?

Une vieille deux chevaux qui nous dépanne.

Alors allons y. Tu sauras ce soir si ton gamin l’a eu.

Tu ne vas pas voir ta Mère ?

Les visites sont interdites, j’ai téléphoné ce matin, de toutes façons je pense qu’elle va aller en prison où tout au moins dans un hôpital psychiatrique.

Claude ne me demande rien et je lui en sais gré car je n’ai pas le cœur à lui donner des explications.

Après le déjeuner qui a ravi les papilles de Claude, nous partons sur Anse chez la famille d’accueil de « Julie mon amour ».

Mes deux fils sont heureux de me voir. Ils se jettent dans les bras. Claude a préféré rester dans la voiture, ne voulant pas gêner mes beaux-parents comme je les ai toujours appelé. Mon beau-père me dit que la police est venue et leur à demander si Christian leur avait téléphoné. Il me prends à part pour me poser des questions.

Je lui explique ce que je sais. Et il me dit :

C’est une sale affaire, et êtes -vous sur que votre mère l’ait accusé à tort ?

Je ne sais pas, vraiment je ne l’imagine pas l’appeler, par contre depuis mon départ, mon père adoptif était devenu violent.

Ah ! Courage Xavier.

Nous rejoignons sa femme, tous les deux embrassent mes fils en leur souhaitant de passer de bonnes vacances. Claude s’est mis au volant, je n’ai rien dit, il descend de la voiture et met les bagages de mes enfants dans le coffre. Encore des recommandations à mes enfants, de nouvelles embrassades,puis nous partons.

Julien ne dit rien tant que son petit frère est avec nous. Nouvelles embrassades, Nicolas est tout heureux de retrouver ses copains. Il est devant la MJC avec un des animateurs, il nous fait signe de la main. Un grand sourire. Cela me réconforte car depuis que sa mère est morte c’est la première fois que je le voit ainsi.


Julien est plongé dans des pensées douloureuses, la mort de sa mère par son grand-frère a été un choc pour lui, une véritable tragédie. Nous n’en avons pas tellement parlé. Il est allé voir un psy pendant plus d’un an. Comment est-il aujourd’hui ? Il nous joue la comédie, je ne pense pas qu’il dort, il fait semblant.

Je pense qu’il veut me dire quelques choses mais la présence de Claude le perturbe. Aussi discrètement je fais signe à Claude de s’arrêter dans une station service.  Claude en profite pour se payer un café et il me laisse en tête à tête avec Julien.

Dès qu’il s’est éloigné il me dit :

C’est lui qui a un fils de mon âge ?

Oui, mais je te connais bien Julien tu as un poids sur le coeur et tu ne sais pas comment m’en parler.

Oui, papa tu as raison, hier vers 14 h j’ai croisé Christian, il était avec une jolie bagnole.

Quelles marques ?

Une Toyota, il m’a forcé à m’arrêter en se mettant en travers de la route qui mène chez Grand-papa.

Et que t’a-t-il dit ?

Que tout l’accusait mais que ce n’était pas lui l’assassin.

L’assassin de qui ?

De Maman !

A suivre

Lumières dans la nuit/9

Suis-je heureux d’apprendre l’existence de ce demi-frère au moment où je le lis, j’en ai aucun souvenir. C’est à la fois une immense joie, nous sommes deux et à la fois un poids.

Je pense que c’est trop d’émotion en peu de jours. Un grand-père et une grande famille. Alors que j’étais enfant unique d’un couple qui m’aimait sans me permettre d’exister. J’existais au travers d’eux. Mon père adoptif avait l’impression que je sortais d’une famille sans le sou, illettré et qui ne m’avait pas armé pour la vie. Ce n’était pas dans le ventre de ma mère que j’aurais pu recevoir toutes les aides.

Aujourd’hui il s’avérait que sa théorie était plus que fausse. Mais je n’irais pas le lui dire. Et en regardant ma montre je m’aperçois que je n’ai pas décroché mon téléphone. Au contraire je l’ai éteint.

Je vais consulter ma messagerie et voir ce que me voulait ma mère adoptive. En ouvrant mon portable je vois vingt appels en absence. Tous proviennent de la ligne fixe de mes parents adoptifs.

Il y a même un sms du portable de ma mère alors qu’elle l’utilise rarement :

 » Urgent rappel moi vite ».

Je connais ma mère, elle s’affole vite, mais je n’ai pas terminé de me mettre ces mots dans la tête qu’une sonnerie insistante me rappelle.

Maman mais que se passe-t-il ? Mon coeur parle pour cette femme, ma mère qui a su m’aimer et qui a dû courber l’échine devant mon père. Sa voix tremble, je la sens complètement affolée.

Xavier il est venu , il rode, ton père… Et là elle sanglote, pleure et dans un cri désespéré me lance :

Il a tué ton père

Qui ? Mais je n’ai pas besoin de m’ éterniser à chercher un coupable, en un instant j’ai compris.

Que dire à sa compagne, son amour, sa femme que son cher et tendre n’est plus en ce bas monde tué par le gamin qu’à mon tour j’ai adopté. L’histoire se répète une seconde fois. Eux qui lui avaient tout donner…

Il a dû aller demander à mon père de l’argent. Et ça a dû mal tourné. Pourtant connaissant mon père il aurait pu comme de nombreuses fois auparavant, lui donner son argent. Est-ce à cause de ce que j’ai dit à mon père adoptif qu’il a refusé. Où ne plus voir ses petits enfants l’a poussé à lui dire non. Mais ils avaient mis le doigt dans un engrenage qui avait dû faire basculer ce gamin. Ceux qui lui avaient tout donné, a leur tour l’avait abandonné Bref je ne savais rien, mais je me doutais.

Ma mère me supplie de venir, elle est dépassée par les évènements. Elle me parle du SRPJ de Lyon. Elle mélange tout. Excédé je lui demande de se taire et lui dit que je serais dès demain matin chez elle.

Je préviens ma Grande-tante que je vais sur Lyon une petite semaine, voir un peu moins car je dois déposer mon plus jeune fils au départ du bus pour ses vacances. Décidément c’est un vrai sac de nœuds, tout est en même temps.

Je dois récupérer Julien mon fils aîné, Claude me propose de m’accompagner. Sa femme gérera le plus pressé, pour le reste elle se fera aider par son beau-père. Et nous voici parti en 4×4 pour Lyon. Nous pourrons nous relayer au volant. Je prends des médicaments qui m’endorme. A deux c’est beaucoup mieux.

Je rappelle celle que je considérais comme ma vraie mère jusqu’à ce jour funeste où mon amour pour eux avait été bafoué. Et à nouveau un mort. Mon père adoptif, à qui je n’aurais pas dit adieu. C’est trop tard, aussi cruel que cela puisse paraître je n’ai pas de remords. Il a pourris ce gamin que je lui avait confié, ce n’était pas pour en faire un délinquant mais parce que je connaissais ses méthodes. Mais pourquoi ne les avait-il pas appliqué ?

Nous avons rien dans le ventre. Sur l’autoroute il y a du monde, c’est l’heure de sortie de la France qui travaille. Une petite halte s’impose, nous sommes au niveau de St Vallier, je connais un petit resto, nous rejoignons la Nationale 7.

Je connais la patronne, j’étais venu non loin de là faire un reportage sur la Centrale nucléaire. Et le soir nous étions venus manger chez elle. J’étais avec mon cameraman et une collègue. Elle s’en souvient, mais elle a envie de savoir ce que je suis devenu, et, je n’ai nullement envie de m’étaler sur ma vie privée.

C’est Claude qui m’enlève une épine du pieds, il intervient en lui demandant la carte. Elle s’excuse et part servir des habitués. Nous mangeons tranquillement, Claude se rend compte que je ne parle jamais de mon travail, mais plus tard il va me dire : »j’attendais que tu sois prêt ». Je lui en suis reconnaissant encore aujourd’hui.

Nous repartons vers 20 h, sur l’autoroute il y a eu un accident, nous restons sur la 7, hélas sur Vienne un énorme bouchon va nous ralentir. J’appelle ma mère, elle pleure mais une de ses voisines me répond à sa place et me dit que la police vient juste de permettre à la scientifique d’emmener le corps.

je lui confirme que nous sommes aux portes de Lyon et espérons y être vers 21 h 30. Elle me dit m’attendre. Je ne pose aucune autre question. Je verrais sur place.

Par contre j’appelle un ami qui travaille au Commissariat de la Duchère. Il est encore au boulot et en apprenant que je vais arriver sur Lyon, il me dit de passer demain matin. J’en saurais mieux, car ma mère est incohérente.

Claude veut aller dormir à l’hôtel. Il rêve, chez mes parents il y a des chambres. Il en aura une pour lui. Il me remercie. Nous arrivons enfin à la Duchère, Claude est sous le choc de la cité. Mes parents adoptifs sont monté en grade au fil des ans. Ils ont achetés leur appartement. Il est situé au 7 ième étage d’une barre longue comme un jour sans fin.

Claude espère que l’ascenseur marche car il aurait du mal à monter les sept étages à pieds. Je lui explique que nous sommes dans la partie copropriété, et qu’en général l’ascenseur marche. Il m’avoue en montant emprunter ce genre d’engin pour la première fois. Il s’agrippe à la barre et ne se rend pas compte que je l’observe dans la glace située au-dessus. Je ne dis rien. C’est déjà très sympa d’avoir voulu m’accompagner.

Nous voici arrivés, j’entre dans frapper. Ma mère est assise dans la méridienne de mon père, les yeux rouges, la mine défaite. Elle me regarde comme si j’étais un revenant et me dit :

Tu en as mis du temps

Pourquoi me dis-tu ça ?

Ton père est mort en te pleurant tous les jours et tu arrives le jour où il est parti.

Par egard pour ton chagrin je ne te dirais rien. Mais entre nous les téléphones ne sont pas faits pour les chiens.

Et je me tourne vers la voisine et la remercie. Je l’accompagne à la porte, elle me prends le bras et me dit :

Je pense que votre maman a perdu la tête.

Merci pour tout. Au revoir.

Je referme la porte, m’appuie dessus et m’en retourne vers Claude que j’ai laissé le temps de me calmer. lorsque j’entre dans la piece, Claude sert un thé à ma mère qui est redevenue celle que j’aime et qui ne m’a jamais apostrophé de reproches.

Elle se jette dans mes bras et me dit pardon, je ne sais pas ce qu’il m’arrive.

Claude est mon cousin

Ton cousin, mais tu n’en as jamais eu à part Delphine la fille de ma sœur.

Et bien j’ai retrouvé ma famille, la vraie.

Ma mère me regarde, titube et s’évanouit.

A suivre…

Lumières dans la nuit/8

Le retour est largement plus facile, par contre même si la montée est rude, la descente est par endroit une véritable patinoire. Le chemin en pente douce qui serpente est bordé du petit torrent et l’eau s’égare parfois et malgré le soleil cette partie est moins agréable mais quels fous rires nous avons chaque fois que l’un de nous deux atterris sur le derrière.

Lorsque nous arrivons en vue des premières maisons nous croisons deux des cinq vaches qui nous fournissent en lait. Mais le berger et le Patou ont désertés. Cela n’a pas l’air d’inquiéter Claude, tant mieux, c’est la preuve que malgré cette incursion, il ne trouve pas de quoi s’affoler. Du reste, personnellement je pense que ce sont des jeunes en mal de sensations fortes qui sont venu faire la fête. Par contre je trouve que les mégots sont largement plus inquiétant que des pierres installées autour d’une table de fortune.

Car à part à proximité du torrent toute la végétation alentours est fort sèche. Un mégot jeté négligemment et tout s’enflamme, il suffit d’un peu de vent et cela atteindrait rapidement les maisons. Il faudra que j’en parle à mon oncle, bien entendu que Claude sera aussi dans la confidence. Ce n’est pas la peine d’alerter toute notre petite communauté.

Avant d’arriver au village, Claude m’entraîne vers la piscine comme il l’a nomme. En fait grâce à l’érosion et le torrent il y a une vasque naturelle qui s’est formé, les eaux sont étrangement bleus. C’est magnifique. Claude pique une tête en se jetant du haut d’un rocher. Il m’invite à le rejoindre. Lui est en maillot de bain. Je ne l’ai pas emporté.

Bah qu’importe ! Il n’y a que nous deux. Je quitte tout et nage nu dans cette eau limpide. Claude me dit:

Je n’ai pas osé, mais la prochaine fois et avant que les vacanciers arrivent je ferais comme toi. Nous nous sèchons au soleil et rentrons. Quel bel après-midi nous avons passé.

Le repas ce soir ne rassemble que la famille Pol, nous sommes chez moi, je leur ai mitonné ma spécialité les quenelles sauce Nantua. Tous m’ont félicités pour mes talents de cuisinier. S’ils savaient que c’est grâce à mon amour trop tôt parti qu’ils se régalent, qu’en penseraient-ils ?

C’est la première fois depuis que je suis veuf que je fais ce plat. Il va falloir que j’arrive à digérer mon drame. Car en le faisant j’étais fort angoissé. En plus j’ai eu un appel téléphonique qui m’a contrarié, je n’ai pas répondu. C’était celle que je considérais comme ma mère. Un an et deux mois qu’elle ne m’a plus donné signe de vie. Que me veut-elle ? Ce soir je suis avec ma famille de sang, celle de cœur me manque pas vraiment.

La nuit a été calme, s’il y a eu des allées venus je n’ai rien entendu. Lorsque j’ai croisé Monsieur la Baffe il avait un oeil au beurre noir, je ne lui ai rien demandé, Claude m’a dit qu’il ce serait battu sur Vallon-pont-d’arc. Je n’ai pas cherché à en savoir davantage. Je vais chez ma Grande Tante lire la suite du courrier de mon grand-père.

A mon tour je me suis rendu aux Services Sociaux de Lyon et j’ai appris qu’à l’âge de 5 mois tu avais été adopté par une famille qui habitait à la Duchère. Ils avaient fait leur demande cinq ans auparavant, mais entre temps ils avaient eu un enfant, une fille. Cette petite était décédée à l’âge de 6 mois d’une leucémie foudroyante. Et depuis la maman n’arrivait plus à avoir un autre enfant. Ils avaient juste réactivé leur dossier et refusé dans un premier temps une fille.

Et tu étais à la pouponnière de la Croix Rousse, ils étaient venus faire ta connaissance le premier jour où j’arrivais sur Lyon. Coïncidence troublante j’étais ce jour-là dans les locaux de l’Aide Sociale à l’Enfance. Suite à une succession j’étais venu voir les abandons d’enfants. J’aurais pu ce jour apprendre ton existence. Hélas si on me l’avait dit j’aurais pu revendiquer mes droits de grand-père.

Alors j’ai fait une chose pas très honorable, j’ai soudoyé une dame qui était secrétaire au siège du Conseil Général de Lyon. Je l’ai dragué afin d’obtenir des renseignements. Je n’ai pas eu longtemps à attendre. Il faut reconnaître qu’avec l’argent on arrive à tout.

Elle m’a communiqué l’adresse de ce couple les « DENIS Marc et Jeanine ». Mais devant le sourire d’ange de la dame lorsque j’ai sonné à leur porte je n’ai pas osé détruire leur vie. Je me suis sauvé comme un voleur. Aujourd’hui compte tenu de ce qu tu m’as dit je le regrette.

A ce moment ma Grande Tante m’en demande la raison.

En fait chez mes parents adoptifs ils avaient peur de tout, que je sois malade. Dès que je toussais je restais à la maison. Ensuite quand je suis allé à l’école primaire je devais me fondre dans la masse, jamais faire de vagues. Mes fréquentations étaient examinées à la loupe par mon père. Dès que j’avais un nouveau copain, mon père allait voir qui était les parents. Au point qu’au collège j’ai commencé à faire les cent coups.

Et que s’est-il passé m’interrompt ma Tante ?

Punition sévère, mon père m’a fouetté au sang. J’ai fugué trois jours et mon père adoptif m’a mis en pension. A partir de ce moment j’ai repris goût aux études.

Tu as quoi comme bagages ?

Un bac scientifique, ensuite j’ai fait l’école de journalisme mais ça ne me plaisait pas jusqu’au jour où j’ai enquêté sur une disparition d’enfants. Je me demande si ce n’est pas a cet époque que ton frère m’a reconnu sur le journal car j’avais les cheveux longs d’un noir corbeau et bouclés. En plus il connaissait mon nom de famille. Je signais toujours « XDenis »

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Puis ne voulant pas interférer dans ta vie, je me suis mis à chercher mon fils. J’ai retrouvé sa trace dans l’armée.

Il était parti combattre en Algérie à tout juste 19 ans, il avait falsifié son âge pour s’engager. En 1965 il accompagne en Métropole un soldat Français qui quitte l’Algérie avec ses parents âgés, sa jeune femme enceinte de six mois et leur petit garçon de 2 ans, tu dois te demander la raison pour laquelle je te raconte ça. Tu vas te rendre compte que ça aura un retentissement sur ta propre vie.

Arrivés à Marseille il accompagne son ami et sa famille dans un hôtel et pendant la nuit il disparaît.

C’est dans cette ville que j’ai perdu sa trace. Mais je n’ai pas désespéré sachant où tu te trouvais, et vu le travail de ton père adoptif vous ne comptiez pas déménager.

Et un jour mes recherches ont abouti. Comme il avait gardé notre adresse, j’ai reçu un courrier où il était invité à se rendre à l’hôtel de Ville de Lyon pour y recevoir en compagnie du Colonel Dupin les honneurs dû à son rang. A l’intérieur de l’enveloppe il y avait un carton d’invitation pour deux personnes.

C’est moi qui m’y suis rendu à sa place et j’ai eu l’honneur de l’apercevoir et il a croisé mon regard et grâce à ton vieux grand-père, ton père a reçu les honneurs. Il n’aurait pas pu entrer si je n’avais pas dit à ceux qui filtraient à l’entrée que mon fils et je l’ai nommé avait oublié son invitation. J’en étais resté au grade de Maréchal des Logis, mais ils m’ont dit vous voulez dire le Commandant Pol. J’ai bredouillé un oui. Je n’ai pas pu entrer, ton père m’a juste dit « merci papa ». Et il a disparu à mes yeux.

J’ai eu beau téléphoner à droite et à gauche lorsque l’Algérie a été déclaré indépendante, la seule chose que j’ai appris c’est qu’il n’était jamais revenu d’une mission. Il était porté disparu. Voilà ce que je t’ai dit sur le quai de la gare

Et si aujourd’hui je t’écris c’est que je viens d’apprendre qu’il vit sur Lyon, et que tu as un demi-frère qui s’appelle Damien. La jeune femme qui avait quitté l’Algérie était la soeur de son Colonel, il avait fait un enfant à cette jeune veuve et au vu des évènements, le Colonel avait donné des jours de repos à ton père.

L’adresse que l’armée m’a donné n’est pas celle de ton père. Dans cette belle maison du Quartier de la Croix Rousse il y a un jeune couple Mr et Madame Damien et Anne Pol. C’est ton demi-frère.

A suivre….

Lumieres dans la nuit/7

Je ferme à double tour ma porte, Claude mon cousin ne me dit rien, je tends la clefs à ma tante qui l’attrape comme si elle voyait. Décidément j’ai encore des choses à apprendre de la soeur de mon grand-père.

Au fait Xavier tu n’as pas pris d’eau, j’ouvre mon sac :

Des noix de cajou car je marche mieux grâce à ça, une gourde d’eau fraîche de source et des barres céréales.

Alors on pourra un de ces quatres partir en randonnée. Tes garçons aiment-ils la rando ?

Cela dépend du temps, des jours et de leur envie, mais ici il n’y a pas de nombreuses activités et je pense qu’ils seront fort intéressés.

Nous organiserons ça, figure toi qu’avec ma femme nous songeons à travailler différemment.

C’est-à-dire ? Tu songes à quoi ?

Si le village revit nous aimerions faire chambres et tables d’hôtes.

Tu abandonnerais ton métier de couvreur

Oui et non, je serais toujours couvreur mais à mi-temps. En priorité pour refaire les toitures du village avec des matériaux anciens. Le reste du temps je ferais de l’accompagnement randonnée.

Ah mais c’est une super idée, tant que je suis…

Et là je m’arrête, puis-je lui confier que je ne suis là que pour quinze mois.

Qu’allais-tu me dire ? Que tu es en convalescence ?

Qui te l’a dit ? Et que sais-tu exactement ?

Ne t’inquiètes pas tu es protégé, c’est ma grand-mère qui me l’a dit. Et je compatis à ton chagrin. Grâce à toi, nous allons renouer avec une branche de la famille dont on avait plus de nouvelles et qui minait ton grand-père.

A propos de mon grand-père ? Qui va aller le chercher ? Il n’a pas besoin de rester dans cet EPHAD. Je veux qu’il soit avec moi. Ta grand-mère y arrive bien et entourés des siens et surtout de moi il doit pouvoir être à nouveau ici.

As-tu pensé au jour où tu partiras ?

Je te laisse à ta réflexion, parles en à ma Grand-mère et s’il faut t’accompagner à Aubenas, alors sache que je viendrais avec toi.

Merci Claude.

Spontanement il me prend dans ses bras et nous continuons la montée vers le château.

Nous sommes sur un petit promontoire, en bas nous voyons les méandres de l’Ardèche qui serpentent. Avec mes jumelles nous voyons des canots et kayaks qui font la descente. C’est grandiose, même si le paysage est aride avec quelques arbres rabougris, des rochers et peu d’eau sur ce versant, tous les deux nous sommes en symbiose. Nous en profitons pour nous désaltérer, Claude se laisse tenter par des noix de cajou. Il en avait jamais mangé. Il trouve que c’est bon. Il me file des abricots tout juste cueilli du matin. Il est fier de son abricotier qui a de nombreux fruits.

Il ne nous reste que quelques mètres à franchir mais Claude m’avertis c’est la partie la plus raide, il y a même une cheminée comme dans les Alpes. Il nous faudra trouver les aspérités pour y mettre les pieds, mais de l’autre côté le spectacle sera grandiose.

Maintenant que nous y sommes je comprends ce que voulait dire mon cousin, il faut trouver une bonne position pour notre corps, de face ce n’est même pas possible, il faut se mettre en biais. J’ai comme l’impression que Claude me met à l’épreuve pour voir ce que j’ai dans le ventre. J’avoue que j’aime bien me trouver devant un mur, et, surtout cela m’évite de penser. Nous voici sur la pente, cela doit glisser par temps humide.

Claude pose son sac à dos et me demande d’en faire autant, ce doit être le moment qu’il a choisit pour me faire part de ce qui le préoccupe. Nous sommes confortablement assis le dos à une maison qui n’est pas littéralement à l’abandon. Je me demande comment font les futurs habitants pour apporter le matériel. Claude doit lire dans mes pensées car il me dit :

Je vois que tu te demandes comment font ceux qui retapent cette barraque pour tout apporter par la cheminée.

Par hélicoptère ?

Claude rigole

Tu rêves Xavier !

Alors explique ?

Avant je veux te demander si tu as entendu l’autre nuit…

La mobylette

Oui, toi aussi, ouf je n’ai pas rêvé

Je me suis levé et…

Qu’as-tu vu ?

Des lumières qui passaient de maisons en maisons, j’ai attendu au moins dix minutes puis j’étais tellement claqué que je suis retourné me coucher.

Et bien moi, je me suis levé, je suis sorti et j’ai vu détaler un gars et une fille

Comment peux-tu être certain que c’était une fille ?

C’était Sophie

Et tu lui as demandé ce qu’elle faisait ?

Je n’en ai pas eu l’occasion, elle n’est plus dans le village ?

Et son père, tu es bien allé lui demander une fois que tu as vu ce qu’ils avaient fait ?

Oui

Et ?

Il m’a dit que sa fille était chez sa femme et qu’elle était partie en fin d’après-midi, que j’avais rêvé.

Si tu m’en parles c’est que tu as des doutes et que tu te poses des questions. Et le gars tu le connaissais si tu l’as vu.

Non je n’ai pas vu son visage, il avait une capuche et ils ne se sont pas attardé. Tu peux faire quelques choses ?

Pour l’instant non, mais à tous les deux nous devons être vigilant. Si ça se trouve ils se sont retrouvé pour autres choses et c’est une coïncidence.

Oui tu as raison je dois me faire des idées, mais notre village est paisible et je n’aimerais pas que l’on vienne de la ville pour tout détruire.

On en est pas encore là, alors on se le fait ce château avec ses fantômes.

Nous sommes sur la pente herbeuse et juste en dessous du château il y a quelques vestiges du village qui devait entourer le château. A gauche un petit cimetière puis sur l’éperon rocheux le château dont il ne reste pas grand chose. Je me demande comment tient le clocher car il est en équilibre entre un chemin de ronde et une tour. Par contre le soubassement a tenu et Claude et moi nous entrons par une magnifique porte dont il reste un seul pan mais dans le mur nous distinguons de belles charnières. Comble de l’ironie une grosse clef est encore accrochée au mur.

Qui est le petit plaisantin qui a laissé la clef

Ton grand-père ?

Ah il l’a trouvé où donc ?

En fait la porte était encore là lorsqu’il avait trouvé la clef, puis un jour la porte a lâché. Il faut dire qu’il y avait du vent. Le bois il l’a mis dans son âtre et la clef il l’avait emporté. Puis un jour il nous a dit j’ai remis la clef à sa place.

C’est une facette de mon grand-père que je découvre grâce au récit de Claude.

Nous faisons le tour du château sans nous aventurer plus en avant car Claude semble inquiet. En ressortant par l’unique porte il me dit :

Je suis venu il y a à peine un mois avec le maire de Vallon-pont-d’arc, c’était moins en mauvais état. Je trouve bizarre que ces pierres se trouvent rangées contre le mur. Et comme tu n’étais pas là, tu n’as pas pu t’apercevoir qu’il y avait comme une table et des bancs dans la petite cour à l’arrière.

Par contre j’ai vu des mégots de cigarette derrière la porte en ferraille comme si on était resté longtemps à cet endroit. Elle donne sur le chemin de ronde. A ton avis on peut le parcourir sur combien de mètres ?

Tu veux que nous y allions ?

Non tu ne peux pas me le faire voir en se mettant au centre de la cour, car, à part la partie gauche qui s’est effondrée on voit sûrement très loin. Ce château devait servir de guet lors des temps passés.

Oui c’est ce que ton grand-père nous a dit et mon père a fait pas mal de recherche car après la guerre lorsque les frères et ma grand-mère Pol se sont installé ils ont tout acheté.

Donc ça appartient à notre famille

Oui tout ! Y compris les terrains aux alentours.

Je n’en reviens pas, me voici propriétaire d’un morceau de terre au fin fond de l’Ardeche dans un village que je ne connaissais ni le nom ni même l’existence il y a, à peine quatre jours.

Pour en revenir à tes questions, il y a des individus qui se sont introduits sur une propriété privée. Et comme l’autre nuit nous avons entendu et vu une mobylette on peut faire le rapprochement entre ces deux affaires.

Comme tu dis

Par contre Claude ôte moi d’un doute, il y a un accès plus facile ?

Oui bien entendu, mais je voulais voir ce que tu avais dans les jambes car j’aimerais que tu m’accompagnes pour une randonnée un peu spéciale.

Tu aiguises ma curiosité, cela se situe dans le coin ?

On en reparlera ce soir ou demain ça ne presse pas. Mais es-tu d’accord pour venir avec moi ?

Tope-là cousin nous irons tous les deux.

A suivre…

Lumieres dans la nuit/6

Soudain j’ai sursauté une main s’est posée sur mon épaule, il y avait un intrus chez moi. Je n’osais pas replié trop vite ce que j’avais étalé devant moi. Puis je me suis détendu c’était la sœur de Pépé Jean. Elle ne pouvait pas voir ce que j’avais devant moi.

Tu me prêtes le fauteuil de mon frère, j’ai reçu une lettre je veux que ce soit toi qui me l’a lise.

Pourquoi moi ?

Regarde ce qu’il est écrit sur l’enveloppe

 » Pour Xavier, aux bons soins de ma petite sœur Lucienne. »

Je dois être pâle comme je ne sais quoi. Ma grande-tante va découvrir qui je suis.

Avant que tu ouvres cette lettre sache Xavier que j’ai deviné que tu as un lourd secret. Est-il lié à ce courrier ou à ton passé que tu fuis je l’ignore. Mais tu peux te confier à moi. Maintenant je te laisse décacheter l’enveloppe, si tu veux en prendre connaissance seul ou si tu veux découvrir ce qu’elle contient en même temps que moi tu es libre.

Je tourne l’enveloppe dans mes mains, tout va s’effondrer et je devrais partir, à moins que Lucienne m’accorde un sursis jusqu’en septembre. Mais je ne dois pas tergiverser, je dois me lancer.

Je prends le canif que me tend ma Grande Tante et j’ouvre la missive qui arrive de Pépé Jean. Je vois les lettres qui me sautent aux yeux, j’embrasse les mots qui me réconfortent. Je pleure, je ris, je ne sais pas quoi dire.

Alors Lucienne me prends la main et m’avoue un mensonge. Un tout petit me dit -elle :

Xavier je t’ai menti le premier jour, mais je sais qui tu es, toi soit tu t’en doutes soit tu vas le découvrir en lisant le courrier que mon cher frère nous envoie. Par contre il va falloir que tu retrouves ton père et ça ce n’est pas une mince affaire. Mais je sais que tu as des ressources insoupçonnées de nous tous. Je sais ce que tu as confié à Jean. Je connais ton vrai métier et si tu as envie de pleurer sache que je peux remplacer ta mère comme je l’ai fait pour tes tantes.

Maintenant tu peux lire la lettre. Ensuite je te la confierais et tu la mettras en lieu sûr.

Je ne sais plus qui je suis, ou je suis et jusqu’où Tante Lucienne m’a berné, mais je suis soulagé, je ne suis ni un menteur, ni un comédien, les allusions des uns et des autres jusqu’au soupçon de mon cousin me prouve que tous savaient qui j’étais. Possible qu’ils n’apprécient pas mon vrai faux mensonge où ils ne savent pas ce que Jean a pu me confier. Mais il faut que je lise la lettre de mon Grand-père.

Chère petite sœur, cher Xavier,

Voilà quelques jours que vous avez fait connaissance. Je sais que toi Lucienne suite à mon appel téléphonique tu accueillera à bras grand ouvert le fils de ton neveu. Car Xavier tu es bien mon petit fils.

Je sais tu dois être étonné, tu as dû penser que je radotais en te disant mon fils. Crois-tu que j’aurais confié toute ma fortune à un étranger ? Je ne suis pas « gaga » à ce point. Cela fait vingt ans que je cherchais mon fils et j’ai eu la chance de te voir sur un journal. Tu ne peux pas renier le lien de parenté qui nous unit. Ta chevelure, bien qu’en ce moment elle soit courte c’est en tout point celle de ton père et des garçons Pol. La ressemblance des plus étranges entre ton fils aîné et le fils de ton cousin. De surcroît nés le même jour. Des invraisemblances qui se sont répétées dans notre famille.

Tout cela au départ n’était pas une certitude, mais j’ai remonté la filière ou le fil de ta vie. Tu étais né en 1964 sous x, ça compliquait encore ma tâche, mais à force de ténacité et grâce à mon métier de notaire j’ai retrouvé ta grand-mère maternelle qui avait disparu de ma vie le jour où elle m’avait avoué avoir déposé notre fils dans le « Moïse » de la basilique de Fourvière.

Elle s’était séparé de son gigolo et cherchait à retrouver ton père. Elle était allée aux services sociaux de la ville de Lyon et demandé à cette mise en relation avec son fils. Je te passe les détails. C’est là qu’elle avait appris qu’il avait traîné de foyer en foyer, et avait eu un enfant, un fils né en 1964 alors qu’il avait à peine 17 ans. Les parents de sa copine avait refusé que leur fille garde l’enfant. Et, à son accouchement elle l’avait abandonné. Mais bien entendu les Services Sociaux ne lui avaient pas dit ce que l’enfant était devenu. Ni où son père était.

A ce moment-là on toque à ma porte. Ma tante me dit.

On finira la lettre demain. Va voir qui frappe, je cache la lettre dans la poche de mon tablier. Dorénavant tu peux te promener la tête haute, tu n’as plus à rougir tu es vraiment mon petit neveu.

C’est mon cousin qui est derrière la porte il me dit :

Alors on se l’a fait cette balade, puis avisant sa grand-mère, il s’excuse de nous déranger, mais elle l’invite à se joindre à nous et lui vante la délicatesse de mon café. Et elle ajoute :  » ton cousin est accroc au café » si tu l’es autant que lui on va être obligé d’en planter, c’est sur un éclat de rire que s’achève cette journée des plus étranges.Je suis passé de menteur au petit fils chéri. Et j’ai une famille grande comme un jour sans fin, alors qu’il y a un peu moins d’un an mon père adoptif me jetait à la rue avec mon chagrin.

Ma tante se lève et nous les deux cousins nous l’emmenons voir son fils. Il est à peine 16 h, nous ne mangeons pas avant 20 h nous avons largement le temps d’aller au château. J’ai comme l’impression que Claude veut me confier un secret et qu’il préfère être loin d’oreilles indiscrètes. Par contre ma Grande Tante m’a dit de fermer ma porte à clefs. Étrange que craint-elle ?

A suivre…