L’autoroute de tous les dangers /23

Un imbroglio

Je sors du bureau du Colonel avec son regard dans ma nuque. Il est plein d’empathie à mon égard. Ce que je viens de lui révéler l’a fortement peiné.

Ce matin alors que Théo apprenait que son père était le commanditaire du meurtre de Mélodie, j’apprenais dans le même temps que ma jumelle s’était suicidée. Elle s’était jetée dans le « Rio des Palazzo » et plus précisément du Pont des Soupirs. Je ne savais pas de quelles manières cela s’était déroulé, surtout que si elle commençait tout juste à marcher elle ne communiquait pas.Elle était surveillée en permanence.

Je ne pouvais pas me rendre en Italie tant que l’enquête n’était pas bouclée et surtout j’hésitais à laisser Théo aux mains de ses bourreaux. Entre la psychiatre et le Colonel je me demandais qui était le plus rigide.

A la demande du Colonel j’ai quitté le 36, je me suis empressée de rejoindre mon père et de le soutenir vu que lui aussi était au courant de la fin de son enfant.Nous nous sommes enlacés, serrés longuement pour enfin donner libre court à nos larmes et nous avons pleuré sans s’éloigner l’un de l’autre. A 17 h j’accompagnais mon père à l’aéroport je lui avais trouvé un vol de nuit pour Venise. Et je rentrais à l’hôtel seule, car Théo était hospitalisé. Je n’avais pas faim, je me douchais et m’endormais.

C’est à 5 h du matin que mon téléphone a sonné. Qui pouvait m’appeler à cette heure plus que matinale ? Je jetais un regard sur mon téléphone pour ne pas répondre. C’était un numéro inconnu, j’hésitais, puis un voyant rouge s’allumait dans mon cerveau et je préférais répondre, c’était Théo. Tiens il n’était pas abruti par les drogues.

Théo tu as vu l’heure.

Je me fiche de l’heure, je ne resterai pas une minute de plus chez ces fous. Du reste je ne suis plus à la clinique mais je ne sens plus mes jambes, viens me chercher.

Où te trouves-tu ?

Dans un bar, je viens de prendre deux cafés serrés, je connais la patronne, elle m’a ouvert après que j’ai vu un rai de lumière dans son bar.

Elle ouvrait

Non elle fermait

Tu es sur Pigalle

On ne peut rien te cacher

Je ne connais pas beaucoup d’endroit qui ouvre à cinq heure du matin, par contre pour avoir planqué souvent je connais les lieux qui ferment aux aurores.

Tu as une Voiture ?

Oui de Gendarmerie !

Ça ira pour cette Fois

Je l’entend contenir son rire, il s’en étrangle et la patronne lui demande ce qui lui arrive.

 » Ne vous inquiétez pas on va venir me chercher dans une voiture banalisée je ne vous ferais pas honte. »

Mais Théo, c’est écrit Gendarmerie sur la portière.

Je lui expliquerais dépêche-toi. Je t’envoie les coordonnés par sms.

Je raccroche, prends l’ascenseur et me précipite sur mon véhicule pour aller récupérer mon amour. L’heure n’est pas aux explications, il me racontera ce qu’il s’est passé. Quant à la suite je ne sais pas de quoi elle sera faites.

Me voici proche de Pigalle, quelques noctambules me regardent d’un drôle d’air, quant à l’angle de deux rues je vois arriver Théo et son indic ainsi que la patronne du bar « Au French Cancan » il le traîne plus qu’il ne le porte.

A nous trois nous arrivons à le mettre à l’arrière, son indic attache sa ceinture et me glisse dans la main, une clef, une adresse ainsi qu’un numéro de téléphone.

Je lui demande : C’est pour quoi faire ?

Le téléphone c’est pour que vous puissiez communiquer, la clef vous ouvrira la porte d’un appartement à Saint Germain des prés. Je vous ai activé le Gps sur le téléphone.

Elle voit que j’hésite et me dit :

Ne faites pas la fine bouche, Théophile s’est sauvé de la Clinique du Parc, je ne pense pas que le médecin ou son chef vont apprécier. C’est une planque n’en faites part à personne. Qu’il se repose il a une force de caractère qui devrait le sortir de ce mauvais pas. Là il est un peu drogué mais c’est logique avec tout ce qu’il a ingurgité.

Mais je ne comprends pas comment se fait-il que vous soyez avec lui ?

J’étais devant le 36 lorsqu’il a été emmené à la clinique, on m’avait convoqué pour faire ma déposition. J’ai préféré suivre l’ambulance. J’ai attendu et je me suis pointée en me faisant passer pour vous.

On vous a laissé le voir

Oui, la Preuve

C’est vous qui l’avez aidé à S’enfuir

Voilà vous avez tout compris

Je dois aussi me Planquer ?

C’est à vous de Voir.

Non je veux interroger son frère.

Alors débrouillez-vous, vous êtes au courant, à vous de voir comment vous allez vous en sortir.

Bon je file merci pour tout.

Tenez-moi au courant s’il vous plaît

Oui. Je démarre sans actionner mon gyrophare. Nous voici à l’appartement, c’est cossu. J’installe Théo qui a repris du poil de la bête, il est six heures du matin. Je dois regagner l’hôtel pour ne pas être piéger si on découvre la disparition de Théo. Grâce à mon amour, nous mettons au point un stratagème.

A cette heure l’hôtel est désert, seul le gardien de nuit doit être à son poste, je m’introduis dans la pièce où il surveille les caméras qui donnent sur différents endroits. Je jette un oeil et m’aperçois que la suite que nous avons est hors champs de vision. Tant mieux sinon j’aurais dû détruire les bandes. Je rembobine et vérifie si j’apparais sur les vidéos du garage, c’est bon la caméra n’a rien filmé entre minuit et maintenant, la prochaine rotation commencera à 7 h je serais déjà dans ma chambre. Je préfère monter quatre a quatre les escaliers, il n’y a personne, au quatrième étage aucun bruit, je rentre dans la suite et me jette tout habillé sur le lit.

Capitaine, Capitaine, ouvrez-moi c’est le Colonel.

je ne suis pas habillée, attendez un moment s’il vous plaît.

Je m’en fiche, Ouvrez !

Je me suis couchée toute habillée, je préfère me mettre en petite tenue, je jette mes vêtements sur le fauteuil et je me paye le luxe d’ouvrir ma porte en tanga et soutien-gorge.

Lorsque j’ouvre le Colonel ne sait pas où poser ses yeux, j’ai envie de rire, mais m’en garde bien. Il rentre comme un fou dans notre suite, vérifie le lit et s’aperçoit que je suis seule. Il me jette au visage le peignoir de Théo et me dit, habillez-vous.

Mon Colonel mes vêtements sont derrière vous et surtout j’aimerais savoir ce qu’il se passe.

Vous allez vite le savoir, ne me prenez pas pour un con.

Mon Colonel vous me réveillez en sursaut, vous vous moquez bien que je sois à poil, vous furetez dans la chambre comme si je cachais un terroriste et vous ne me dites rien. Si cela n’a rien à voir avec les derniers événements je vous prie d’éviter de me malmener, surtout que vous savez la raison pour laquelle hier j’ai craqué.

Le Colonel ne me dit rien, aussi j’enchaîne pour lui montrer que je ne suis pas très agréable au réveil.

Alors je vais prendre ma douche, avaler un café et pendant ce temps vous me raconterez pourquoi vous m’avez réveillé en fanfare. Hier vous m’aviez dit de venir à midi et que le matin je pouvais me rendre auprès de mon époux.

Votre époux, parlons-en, il nous a joué un sale tour et vous l’avez aidé.

Moi ?

Oui Vous ! Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi.

Mon Colonel, avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas allée à la clinique. De plus j’ignore où elle se trouve et lorsque je me serais restauré je pensais vous téléphoner pour que vous puissiez me donner les coordonnées. Et s’il était judicieux que je m’y rende avec la voiture de fonction.

Je le vois désarçonné par ma longue tirade. Il est dubitatif, mais en chef il se reprend et me propose de m’habiller, de ne pas prendre de douche et il commande au restaurant un petit déjeuner pour moi et un café serré pour lui, car me dit- il, il en a grandement besoin. Il m’attend en bas d’ici trente minutes.

Je me fiche de ses recommandations, je prends une douche et 29 minutes plus tard je franchis la porte de la salle à manger. J’ai les cheveux encore humide, il me dit : vous écoutez bien les ordres. Je lui réponds du tac au tac : étais-je en retard mon Colonel ?

Nous en restons-là et je profite pour dévorer tout ce qui me fait envie. Puis il m’emmène dans sa voiture personnelle à la clinique du Parc pour me confronter avec l’infirmière qui soi-disant m’aurait laissé entrer. Tout le long du trajet je ne dis pas un mot, le Colonel me dit vous serez mis en retrait de l’enquête dès que l’infirmière vous aura reconnu. Vous ne dites rien ?

Pourquoi vous répondre ? Vous me croyez coupable. J’attends le verdict, la peine de mort ou la liberté. Tout ceci dit sur un ton frisant l’insolence face à un supérieur qui était hier après-midi comme un Père pour moi et qui croit que j’ai commis une faute. Alors que je suis encore sous le choc du suicide de ma sœur. C’est même inhumain ce qu’il me fait subir.

Nous passons à côté d’une infirmière qui nous regarde, puis d’une autre, enfin nous voici dans le bureau du médecin chef, un psychiatre renommé, je lis son nom sur la porte, après avoir frappé on nous dit d’entrer.

Il y a dans la pièce une infirmière sûrement un grade élevé pour cette dame, rêvèche qui n’a pas un seul sourire pour moi. Elle me dit de m’asseoir et fait un numéro de téléphone. Madame Mirette vous pouvez venir, ces Messieurs dames sont arrivé. Quoi ? Vous en êtes bien sûr, bon venez quand-même.

On frappe à la porte.

Entrez hurle le Psychiatre.

La blonde du couloir qui nous fixait entre et dit sans nous regarder :  » ce n’est pas la personne qui est venue hier en fin d’après-midi.

Je regarde la femme et lui dit : » Il était quelle heure car si on m’avait expliqué je n’aurais fait perdre le temps à personne, à 15 h je rejoignais mon père et à 17 h je l’accompagnait à Roissy pour un embarquement pour Venise à 18 h 17. Je regagnais mon hôtel, prenais une douche et m’endormais jusqu’à ce matin 7 h où j’étais réveillée en sursaut.

Sur ce, mon Colonel vous me devez des explications. Où est Théo ? Car je suppose qu’il n’est plus là, celle qui s’est faites passé pour moi l’a enlevé

Je me tourne vers le médecin chef et lui assène :

Elle est bien gardée votre clinique. Bravo !

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers /22

Un drôle d’interrogatoire

A notre retour au 36 il y avait le Procureur, le Colonel et un médecin ainsi que deux pompiers. Le procureur a fait un signe discret au Commandant Leyrieux, ils se sont engouffrés dans son bureau. Puis le Colonel et le médecin sont à leur tour entré, moins de dix minutes plus tard on apportait une civière et Théo blanc comme un mort y était allongé dessus.

Où l’emmenez-vous?

Calmez-vous Capitaine ! Le Commandant Leyrieux n’est pas en état de mener un interrogatoire. Le choc a été trop rude. Nous l’emmenons pour quelques jours dans la Clinique du Parc où il pourra se reposer et rencontrer des psychologues afin qu’ils puissent parler. Quand il reviendra cela dépendra de la rapidité de sa récupération, comme vous êtes sur le pont depuis plus de deux ans votre hiérarchie vous et celle de la police pourrons conjuguer leurs efforts pour vous accordez un congé spécial.

Mon Colonel est-ce que je pourrais aller le voir ?

A une seule condition que vous ne lui parliez pas de l’enquête.

Oui mon Colonel.

Et maintenant au travail, nous avons deux affaires à éclaircir à moins qu’elles soient étroitement liés.

Lorsque je rentrer dans la salle d’interrogatoire, dans un premier temps je suis seule. Mr Leyrieux père est blafard, mon premier binôme ayant été blessé, Théo dans un état critique mais lui c’est son mental qui en a pris un coup. Me voilà en binôme avec un vieux de la vieille qui partira au mois d’août à la retraite, c’est le Colonel qui lui a dit de me laisser mener l’interrogatoire car cela faisait bientôt 3 ans que j’étais sur l’affaire.

C’était maintenant le moment de vérité, que ce soit les collègues de Théo, ceux de ma brigade et même le Colonel j’allais leur dévoiler la plus grande machination que j’avais mise sur pied avec l’aide de Théo. Et comble de l’ironie j’allais la dévoiler au commanditaire pour qu’il tombe directement dans mes filets.

Voici ce qu’il s’est passé dans la salle d’interrogatoire :

Monsieur Leyrieux si j’ai bien suivi votre raisonnement vous rencontriez ma jumelle perdue dans son monde. Amnésique, paralysée, merci pour ce beau fauteuil électrique que vous lui aviez offert, et surtout qui avait perdu l’usage de la parole. C’était d’une extrême gentillesse, mais nous n’étions pas dupe, c’était pour racheter l’horreur que votre précieux fils avait fait subir à ma soeur. De plus vous lui avez même octroyé un rente à vie, somme assez conséquente pour qu’elle ne soit pas à la charge de mon père.

Ma soeur rêvait d’être comedienne. Votre fils et ses chers amis lui ont coupés les ailes la veille de nos dix huit ans.

C’est bien cela.

Oui, mais pourquoi me racontez-vous ça ? J’ai voulez réparé l’erreur (je ne relève pas le mot mais je bous intérieurement)

Je vais tout vous raconter cher Beau-père. C’est une histoire fort triste, ce n’est pas une erreur, c’est un drame humain qui a eu des répercussions sur toute ma famille.

Ce 23/06/2019 Virginie ma jumelle s’était rendue au théâtre pour jouer l’Avare. Au retour elle est tombée sur 5 jeunes gens plus exactement cinq hommes et l’égérie du groupe, la belle Mélodie, ma jumelle était accompagnée d’une de ses amies.

Si Mélodie a préféré rentrer chez elle, c’est qu’elle connaissait bien ses copains, les quatre autres se sont scindé en deux groupes. D’un côté Stéphane et Arthur, de l’autre Jean-Baptiste et Hugo. Stéphane déjà gros n’a pas pu violer l’amie de ma jumelle, mais Arthur l’a violentée au point qu’elle s’en est évanouie. Arthur voyant que son joujoux ne bougeait plus s’est éloigné, mais la jeune fille a réussi à sortir de son évanouissement, elle s’est traînée sur 100 mètres puis s’est dissimulée dans un fossé et a attendu que ces types rejoignent leurs copains et hélas ma jumelle, mais dans l’état où elle était elle ne pouvait pas faire grands choses.

A force d’effort surhumain elle a réussi à gagner la villa de ses parents, ceux-ci n’étaient pas là. Épuisée, elle s’est endormie dans la cabane de jardin, c’est là que son père au petit matin l’a retrouvé.

Les recherches n’avaient pas commencé pour ma jumelle puisqu’elle devait rester dormir chez son amie c’est ce qu’avait exiger d’elle, votre cher fils Hugo en lui maintenant un vieux couteau de cuisine sur le cou, il lui avait ordonné de téléphoner à notre père.

De minuit à plus de midi à tour de rôle votre fils, votre neveu, Stéph et Jean-Ba ont violés, violentés ma pauvre jumelle. Ils ont fait de son corps leur terrain de jeux pervers. Elle n’avait pas 18 ans. Quand ils ont jeté son corps elle avait perdu l’esprit et à ce jour c’est un légume, elle ne vous a jamais parlé, elle vit en Italie.

Mais si je la voyais toutes les semaines, je lui prenais la main, je lui parlais, elle écoutait ma voix, et il y a quinze jours enfin je l’ai entendu.

Oui c’est exact mais ce n’était pas ma jumelle, c’était moi.

Là, je vois Mr Leyrieux s’affaisser sur sa chaise, il se met a trembler des lèvres et chiale. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre et je continue mon récit.

Je vous ai joué la comédie, j’ai pris sur moi pour ne jamais parler, jamais me trahir, rester comme Virginie inerte, un corps posé sur un fauteuil roulant, les yeux perdus dans le vide, indifférente à tout ce qui se passait autour de moi. Oui j’ai passé trois mois auprès de ma soeur a calqué tous ses gestes, toutes ses mimiques lorsque parfois elle en avait.

Parfois vous deviez avoir peur que je joue la comédie, alors vous vous leviez tout en vous mettant à ma hauteur, vous posiez votre tête au plus près de la mienne, me fixant dans les yeux et surtout homme abjecte vous me pinciez la joue voir même la cuisse, espérant sans doute que je crie, mais je restais impassible. Quand je rentrais le soir auprès de mon amour il s’apercevait que j’avais un bleu sur la joue ou sur la cuisse. Il voulait que j’arrête pour aller vous casser la « gueule ». Mais je devais aller au bout pour pouvoir vous faire tomber. Ce jour d’été votre fils tant aimé a tué mon âme sœur ma jumelle adorée. .

A ce moment-là derrière la vitre sans tain il a dû se produire un cataclysme, mais ils n’étaient pas au bout de mes révélations. Ce n’était que le haut de l’iceberg qu’ils entrevoyaient.

Je sais qu’entre Théo et Hugo il y a toujours eu une rivalité, comment peut-on être en tout point semblable et pour l’un avoir l’esprit machiavélique et pour l’autre être un ange.L’un est un violeur, l’autre un policier excellent et même le meilleur de sa génération, puisqu’il ne sera jamais à la tête de vos laboratoires puisque dans deux mois il va rentrer dans un groupe d’élite.

Oui Mr Leyrieux je me suis payée votre tête, la main que vous avez tenu était celle de la Capitaine Martin, les confidences que vous lui avez faites elle les transmettait au Commandant Leyrieux. Et lorsque j’ai vu que vous marchiez, j’ai commis une légère erreur, j’ai pensé que vous alliez faire la surprise à tous vos amis et je n’ai rien dit à Théo. J’aurais au moins atténué le choc quand il a appris que vous étiez le commanditaire de l’assassinat de la femme de Stéphane qui aurait dû lui donner un enfant dans quatre mois. Et surtout que vous aviez mis un contrat sur ma tête, mais là aussi on vous a piégé, car si je vous le dis dans cette salle d’interrogatoire devant nos deux brigades réunies c’est parce que j’ai enregistré votre monologue. Alors si vous pensez nier vous êtes ferré. Ce sera direct la prison. De plus j’ai réussi à placer un mouchard sur plusieurs de vos vêtements et votre fils a placé aussi des mouchards sur tous les téléphones que vous utilisiez ainsi que des traceurs. Nos gadgets à nous sont juste là pour faire avancer la vérité. Les gadgets de votre fils sont purement sexuels.

Mais si votre sœur quand elle a été trouvé ne parlait déjà plus comment pouvez-vous prétendre que ce sont les amis de mon fils qui lui ont fait ça.

Les amis de votre fils et lui aussi n’étaient pas le dernier, lui il l’a humilié, frappé, fouetté, et tant d’autres choses, mais je vais me taire car si je n’étais pas Capitaine je pense que vous et votre fils je vous aurais tué de sang-froid. Je préfère vous voir croupir en prison et, si le cœur m’en dit j’irai voir votre déchéance car vu votre port de tête la prison ne va pas vous épargner.

Je croyais que c’était moi que l’on interrogeait.

Tous vos aveux je les connais déjà, ce sera juste une formalité, j’en laisserais le soin au Major Breton de les notifier lorsque j’aurais fini de vider mon sac. Ce que je sais c’est grâce à Mélodie.

Théo m’a proposé de jouer à la pauvre fille qui travaillait sur l’autoroute A6 non loin de Lyon là où se rendait régulièrement Hugo, dans le même temps votre fils Théo a laissé entendre à qui voulait le savoir qu’il partait faire le tour du monde. Je me suis arrangée pour me trouver sur leur passage. Hugo est tombé follement amoureux de moi, je me suis laissée draguer, j’étais à la station service de l’autoroute A 6, et Hugo et Mélodie partaient en vacances. Cette nuit votre gentil garçon Hugo a abandonné sa maîtresse dans la station service ou je lui avais tendu un piège.

C’est ce soir-là de rage qu’elle m’a raconté avoir assisté à ce qu’ils ont fait à ma sœur, car beaucoup plus futée que votre fils elle m’avait reconnu.

Et c’est elle qui lorsqu’elle m’a vue au bras de votre fils vous a averti que j’étais la fille qu’Hugo avait violé. Par contre son ex amant ne l’a pas crû quand elle le lui a dit. Car j’ai joué la comédie sur toute la ligne, je lui ai laissé croire que j’étais vierge.

Vous semblez incrédule, je vois que vous ne comprenez pas, il existe des tas d’artifice contre ce genre d’homme. J’allais jouer dans son jardin car une fois qu’il a eu violé ma sœur il lui a dit qu’il aimait se faire des vierges. Donc je ne pouvais que satisfaire son égo.

Quant à vous, vous avez essayé plusieurs fois d’attirer mon regard mais je ne vous ai pas rendu la tâche facile. J’ai même pousse le bouchon fort loin lorsque vous m’avez dit que je ferais l’affaire, j’ai pleuré.

je n’ai pas pleuré à cause de vos mots c’est juste que comme vous saviez qui j’étais j’allais pouvoir rentrer dans votre cercle de jeux sexuels.

Croyant que j’étais celle que vous rencontrez depuis plus de deux ans vous avez décidé de me tuer, mais vous aviez sûrement préparé ça en amont, car lorsque j’ai parlé c’était pour vous faire bouger, pour vous pousser à commettre une erreur. Et comme Mélodie vous a avoué m’avoir tout raconté,vous l’avez dégommé en même temps.

La porte s’est ouverte, le Colonel m’a gentiment demandé de sortir et le Capitaine a commencé l’interrogatoire.

Je me suis faites sermoné par le Colonel fou furieux que j’ai pu raconter à Leyrieux tout ce qu’il avait minutieusement monté avec Théo.

Sauf bien entendu que je rencontrais Le père des jumeaux. Ça personne ne le savais.

Mais quand j’ai expliqué la raison pour laquelle je lui avait tout dit, c’est tout juste s’il ne m’a pas serré contre lui en me disant je suis désolé Julie.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers / 21

L’arrestation

Théo Théo !

Mon amour est dans un état second, ni il me regarde, ni il bouge. Et voilà la pluie, une pluie d’orages, forte qui vient en tempête. Il ne manquait plus que ça. Théo relève la tête il a un regard fou, je crains pour sa vie. Il s’allonge sur le quai les bras en croix, pluie, larmes tout se mélange.

Part laisse-moi je veux mourir, je ne suis plus rien ce soir mon père m’a tué. Comment veux-tu que je rejoigne mes hommes après que mon … Et dire que ce mécréant était mon père, Regarde ce qu’il m’a fait. Il vient de briser ma carrière. Un flic avec un père assassin, un frère violeur.

J’ai honte. Va-t-en Julie, éloigne-toi de moi. Fuis pendant qu’il en est encore temps.

Parler cela le soulage, je sais qu’il ne veut pas que je parte car dans le même temps, il s’accroche à moi comme à une bouée de sauvetage.Je suis trempée, lui aussi mais il ne s’en rend pas compte. Je ne sais pas s’il pleure toujours ou si c’est la pluie qui ruisselle sur son visage. Il se croit la nuit alors qu’il n’est pas loin de midi. On doit nous attendre au 36.

Puis brutalement il se calme. Mais reste toujours couché à même le sol. C’est à ce moment que son téléphone émet un bip bizarre. Je ne sais pas qui l’a appelé car il a d’un coup de pied rageur brisé la vitre. Je me lève et j’arrive à lire le nom du Colonel.

Je le rappelle de mon portable

Mon Col …

Où est le Commandant Leyrieux je lui avais donné deux heures et il devait se dépêcher de venir en votre compagnie. Pourquoi c’est vous qui me répondez Capitaine.

Le Colonel crie…

Mon Colonel, il est arrivé un drame.

Il est mort.

Non mais cela ne vaut guère mieux.

Expliquez-vous ?

Stéphane lui a donné le nom du commanditaire.

Oui qui est-ce?

Son père.

Je n’entends plus rien, le Colonel n’émet pas un mot.

Puis j’entends mon ami Mario qui me demande:

Où êtes-vous ?

Nous avons quitté notre hôtel à Saint-Germain des prés et nous nous dirigions vers l’île de la cité, je ne sais pas où nous sommes. Attendez !

Quelques secondes s’écoulent et je lui dis d’un seul trait : nous sommes quai de la Tournelle non loin du port.

Ne bougez surtout pas je vous envoie ses hommes.

Il rigole Mario, je ne risque pas de m’éloigner de Théo. Ouf la pluie s’est calmée. Pourquoi m’envoyez ses hommes, deux bien baraqués auraient largement suffi. Possible qu’en les voyant il est un électrochoc, c’est sûrement ce qu’espère le Colonel.

Soudain je vois déboucher une voiture de police accompagnée des pompiers. Trois de ses hommes descendent et se portent à notre hauteur, suivi d’un médecin et de deux pompiers. Théo est prostré, il se laisse faire, les pompiers vont pour le mettre sur le brancard mais lui les repousse tout d’abord gentiment, puis eux ne s’en laisse pas compter et vont pour lui administrer un calmant et c’est à ce moment que Théo d’une voix calme et posée leur dit :

 » Je ne suis pas à l’article de la mort. Docteur et vous Messieurs les pompiers je vous remercie mais je ai nullement besoin d’être dorloté j’ai un boulot à faire de la plus haute importance.

Le médecin avant de remonter dans son camion me tend une boîte d’anxiolytiques et me dit :

S’il a une crise faites lui prendre ça.

Bien Docteur. Combien ?

Un seul sinon il dort trois jours.

Elle sourit et ajoute courage.

Une fois les pompiers parti, Théo accepte de se lever et décidé de retourner à l’hôtel chercher son costume des grands jours pour arrêter son père. Il me demande d’en faire autant. Un de ses hommes prend notre voiture et nous retournons à notre hôtel. Entre-temps j’apprends que Stéphane n’a pas eu le temps de téléphoner à Pierre Leyrieux le père des jumeaux. Car il a été arrêté de suite.

Nous voici trois voitures de gendarmes et de policiers en direction de Choisy-le-Roi où les parents de Théo selon nos informateurs se trouvent toujours. Le Colonel m’a demandé d’entrer la première pour que chacun puisse voir la réaction du vieillard. C’est ainsi qu’il nous est apparu au cocktail, assis dans son fauteuil, la bave aux lèvres, la tête baissée, très mal en point après son avc.

Tous les hommes ont pris position, ils sont tous armé. J’enfile un gilet pare-balles, on ne sait jamais. Son père ne doit pas comprendre pourquoi personne ne l’a rappelé. Théo doute qu’il ait demandé de lui rendre des comptes, il a donné un ordre on a dû l’exécuter. J’arrive à la grande porte non pas en civile mais en tenue, elle est fermée, je tire la corde et une cloche sonne. Je me fais la réflexion que cette cloche me rappelle un couvent en Italie. C’est le Majordome de Madame qui vient m’ouvrir, il reste la bouche ouverte, incrédule et bredouille, Monsieur a fait un malaise revenez plus tard.

Je le pousse et entre, puis je me tourne vers lui et l’apostrophe :

Où est Mr Leyrieux ?

Dans le petit salon mais je viens de vous le dire il a fait un malaise.

Il a reçu un appel téléphonique.

Oui comment le savez-vous ?

A votre avis ? Emmenez-moi vers lui et dépêchez-vous ? Je veux qu’il me voit avant qu’il fasse une syncope.

Ah avez-vous appelé son médecin ?

Non ! Me réponds une voix au fond du couloir, c’est la reine mère.

Julie que se passe-t-il ? Où sont mes fils. Je la pousse doucement et l’écarte de mon passage, je sais où se trouve le petit salon. C’est à ce moment que choisit Théo et ses hommes pour entrer. Sa mère crie en voyant son fils et si le Majordome ne s’était pas précipité vers elle, sa tête aurait heurté l’angle de l’escalier.

Lorsque je pénètre dans le petit salon le père de Théo est debout, la tête appuyée contre la vitre qui donne dans le jardin, face à lui deux policiers l’ont mis en joue.

Je tousse, il se retourne, me regarde et me dit Julie pourquoi as-tu pris le costume de ta sœur, je t’avais dit que je veillerais tout le temps sur toi.

Mais que raconte ce bonhomme. Il croit que je suis Virginie qui s’est faites passé pour moi, pourquoi dit-il ces mots ?

Décidément je crois que je vais en apprendre plus que je n’en sais déjà.

Non je ne suis pas ma jumelle.

Pour l’instant je tais l’échange des prénoms, je suis celle sur qui vous aviez mis un contrat. Je ne suis pas morte. Par contre votre homme de mains s’est brisé la nuque.

Il ne me répond pas, s’asseoit sur son fauteuil roulant et me dit :

 » je le savais que cette histoire finirait mal, ces jours-ci lorsque j’allais voir votre sœur, elle avait retrouvé l’usage de la parole et répétait il faut que je dise à Virginie que l’homme qu’elle aime est mon violeur ».

C’est pour ça que me voyant au bras d’un des jumeaux vous avez pensé me faire disparaitre. Pourquoi m’avez-vous appelé Julie ?

C’est Stéphane qui m’a envoyé un SMS hier matin en me disant Hugo cuve c’est Théo qui sera au bras de Julie.

Il.vous a dit Julie ?

Oui mais je l’ai repris en lui disant c’est Virginie.

Et il m’a ajouté je m’en fiche elles sont jumelles.

Ah ! Qui vous l’a dit ?

Votre sœur m’a raconté que le soir du drame.

Vous appelez un drame, ce viol collectif osez prononcer le bon mot.

Que le soir du viol, elle avait dit s’appeler Julie car vous n’étiez pas timide mais très dévergondée contrairement à elle. Et que votre père penserait plus que vous lui aviez désobéi.

Je ne vais pas raconter ma vie à ce vieux décrépit mais ayant un port de tête qui contrastait avec celui de la soirée en l’honneur de mon mariage.

Bon ça suffit les confidences.

C’est Théo qui entre. S’approche de son père et lui dit tu vas me suivre, et comme tu marches et bien lève-toi, mets tes mains dans le dos et tu es en garde à vue pour l’assassinat de Mélodie de la Feuillantine et de la tentative d’assassinat sur le Capitaine Martin ma douce et bien aimée. Pour l’instant je ne pense pas que tu sois mêlé aux viols collectifs mais tu as caché à la justice des éléments qui auraient pu mettre fin à tous ces viols qui ont eu lieu sur l autoroute A 6, ces deux dernières années.

Madame Leyrieux pleure dans les bras de son Majordome, les quelques invités encore présents quittent la demeure. Mais ils sont obligé de rester dans le parc pour décliner leur identité et fournir un numéro de téléphone. Le procureur a demandé qu’une perquisition soit effectuée dans la maison principale à Neuilly-sur-Seine, et dans leurs deux résidences secondaires, celle-ci et l’autre située à Chantilly maisons que les Leyrieux possèdent. Et aussi que dans leur villa de Saint-Tropez où dans le port ils ont un magnifique voilier. Les deux laboratoires dont Hugo était le PDG seront perquisitionné. La scientifique va aussi venir dans leur gentilhommière de Choisy-le-Roi pour relever les empreintes.

C’est au moment où je vais pour monter dans la voiture que je vois arriver en courant la petite soeur de Théo.

Elle se jette dans mes bras et me dit :

 » Zulie tu es avec Théo ne te trompes pas, surtout que tu attends un bébé ».

Elle avait tout compris. Hugo l’a prenait pour une retardée, elle distinguait plus facilement que son père les jumeaux.

Quand au bébé décidément les femmes de la maison ont un don indéniable.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/20

L’aveu de Stéphane : c’est un cataclysme !

Pendant que nous nous rendions au 36 le téléphone a sonné. Théo s’est arrêté est sorti de sa voiture et a pris la communication. C’était Stéph.


Au fur et à mesure de la discussion je voyais Théo changer de couleur, puis se tenir la poitrine comme s’il étouffait. Puis il a poussé un cri rauque. Il a balancé son téléphone et s’est mis à crier comme s’il y avait une personne en face de lui. J’avais entrouvert la portière, j’ai senti à ce moment-là que la révélation était horrible pour Théo et il lui était impossible de me le dire.

Il arpentait le bas côté de la route à grande enjambée, tout en faisant des allers retours. Il parlait à voix haute avec des tons aigus, puis soudain fou de rage il s’est mis à hurler :

 » j’ai honte. Oh ce n’est pas possible. Je suis maudit, salaud tu n’es qu’un salaud, un sacré comédien, tu t’es joué de nous tous, tu es une crapule, pourquoi es-tu tombé si bas ? Pourquoi? Je vais aller te chercher et je vais écraser ta tête arrogante et tu vas croupir en prison même si j’ai honte. »

Mon travail c’est toute ma vie et Julie est mon amour. J’ai mal, je souffre. Tu as voulu la tuer, et après tu m’aurais tué, mais non jamais tu ne te salirais les mains. Tu n’es qu’un imposteur. Pourquoi n’as tu pas tué Hugo car Stéphane me l’a dit tu connaissais tout de ce qui s’est passé ce fameux jour de juin.

Puis il s’est assis a même le sol et s’est mis à pleurer.
Je suis sortie de la voiture, me suis approchée de lui, il sanglotait comme un enfant.

Je ne lui ai rien dit, je me suis assise auprès de lui, l’ai pris dans mes bras, lui ai caressé le visage.

Au travers de ses larmes, il m’a a regardé et il m’a dit :

 » C’est mon père ».

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/19

Le pire est en train d’arriver

Il est pas loin de trois heures du matin lorsque nous rentrons à l’hôtel mise à notre disposition.

C’est à ce moment que je me souviens que je ne lui ai pas parlé de cet hypothétique enfant, car, pour moi tant que je n’ai pas fait de test je ne puis me fier à sa mère. Même si dans son domaine c’est une pointure.

Elle sait toujours avant tout le monde ce qui va se passer. Pour Hugo elle a manqué de discernement ou elle a préféré fermer les yeux.

Mais comment le dire à Théo, j’ai vu ces yeux qui brillaient lorsque nous avons franchis le seuil de notre chambre. Il n’avait qu’une idée en tête me faire l’amour. Comme depuis que nous sommes sur cette enquête, nous prenons ensemble notre douche, c’est notre petit rite immuable, et après de fil en aiguille tout en me lavant et réciproquement je le caresse ou lui, mais ce soir nous n’irons pas plus loin, je préfère lui parler avant.

Il faut que je te dise ce que ta mère m’a dit.

Elle t’a fait de la peine, je pense que tu es en capacité de te défendre.

Non tu n’y es pas du tout.

Elle m’a empêché de boire une coupe de champagne.

Mais en quel honneur ?

Elle m’a dit que j’étais enceinte.

Une avalanche ou un tsunami se seraient produit au même moment je pense que Théo aurait eu la même expression.

Mais Julie la condition pour que tu ailles le plus loin possible dans la relation que tu avais avec mon jumeau c’était que tu te fasses poser un stérilet.

Je ne l’ai pas fait enlever si c’est ce que tu crois, ça arrive, certes fort rarement que des femmes se retrouvent enceinte malgré un stérilet.

Si c’est mon cas et bien je dois rapidement savoir de qui est mon enfant. J’ai fait un calcul, ton frère a mis un préservatif les trois dernières fois avant notre départ pour notre semaine de congés qui date d’il y a deux mois.

Je suis à peu près certaine que cet enfant est de toi. Mais le risque zéro n’existe pas.

Tu veux te faire avorter si ce n’est pas le mien, je te le dis tout net, pour moi c’est non. Je serais son père et il n’aura pas la tête du voisin. Mon frère et moi on est plus que semblable.

Ni les oreilles de mon voisin, bon mais je ferais quand même un test de paternité dès demain car c’est possible. Comme vous êtes jumeaux, tu vas te débrouiller pour avoir un échantillon du sang d’Hugo.

Si je fais ça, tout le monde à la brigade saura que tu attends un enfant.

On ne le chantera pas sur les toits si c’est Hugo, on se débrouillera. Il n’a pas eu de visite médicale, invoque n’importe quoi pour que le médecin lui fasse une prise de sang, tu ne seras pas à cours d’idée.

Je n’ai pas les idées claires ce matin, je vais y réfléchir mais je vois que tu n’es pas convaincue sur le fait de le garder. Écoute nous n’allons pas y penser et on avisera demain.

Alors prends-moi dans tes bras, viens.

Tu me pardonnes Julie mais ce soir je n’ai pas la tête à la bagatelle, je suis abasourdi que mon frère ait pu commettre tous ses actes odieux, aussi bien sur ta sœur et aussi sur son amie. Ainsi que sur toutes ces femmes qui nous ont raconté leur calvaire lorsque j’étais en poste à Lyon. Et le pire c’est qu’il semble que l’on a pas encore touché le fond.

Tu sembles inquiet, qu’est-ce qui te préoccupe ?

J’ai un vague pressentiment, écoute je vais te laisser seule quelques heures, mon ami qui sera en binôme demain avec toi va exceptionnellement dormir dans le canapé de la suite que nous avons.

Pourquoi tu penses que moi aussi je suis en danger.

Je ne sais pas, mais c’est bizarre ce que nous a confié Margot la femme de Jean-Ba, pourquoi un commanditaire aurait donné l’ordre de me tuer. Qu’ai-je vu ou entendu chez moi qui devrait m’alerter ?

Où vas-tu ? Qui vas-tu voir?

Une relation.

Qui ton indic ? La belle que j’ai vu chez tes parents.

Écoute ne te mets pas en tête quoi que ce soit, j’ai besoin de m’assurer d’une chose qui me trotte dans la tête. Moins tu me poses de questions, mieux je te protège. Et, c’est aussi la raison pour laquelle je pars maintenant, il fait encore nuit, je ne pense pas que nous ayons été suivis, les locaux du 36 ne sont plus en service, être là-bas est une excellente couverture.

En effet Toi, surtout si tu portes notre enfant tu dois te reposer. Dors. A demain mes amours.

Dès que Théo est parti l’officier qui a le même grade que moi, son meilleur ami rentre discrètement avec un oreiller. Il a un bandeau noir sur la tête je suppose qu’il va se le mettre sur les yeux.

Je vais dormir, faites en autant Capitaine.

Merci je vais d’abord grignoter, vous n’avez pas faim.

Si mais je tombe de sommeil.

Prenez ce que Théo n’a pas pu avaler.

Oui je sens qu’il a découvert quelque chose mais il n’a rien voulu me dire, à vous non plus j’imagine.

Vous imaginez bien, mais quoi que ce soit je pense que cela va le faire souffrir.

Je mange plus que je grignote, le Capitaine quant à lui ronfle comme un sonneur de cloche.

Puis je m’allonge sur les draps et m’endort.

C’est un bruit imperceptible qui m’a réveillé, soudain je me souviens avoir laissé entrebâiller la fenêtre. Je suis certaine que l’on monte par les terrasses. Je me précipite dans le salon mais on me ceinture et on m’applique une main sur la bouche.

Théo me chuchote à l’oreille c’est moi, ne dis rien et va te cacher dans la salle de bain, sous aucun prétexte tu n’en sors. Tu attends que je frappe trois coups fort espacés d’un silence et à nouveau trois coups. Là tu pourras ouvrir.

J’exécute les ordres et attends, quoi je ne sais pas. Il y a des bruits de lutte, puis un cri, et finalement un coup de feu. Puis plus rien. Et si mes deux gardes du corps étaient blessés et en train de se vider de leur sang. Je devrais leur porter secours.

A nouveau j’entends des bruits, j’écoute ce qu’il se dit.C’est Théo qui parle avec le Colonel, je suis rassurée, mais pourquoi ne vient-il pas?

A nouveau des pas nombreux, puis un bruit caractéristique, un lit de pompiers. Il y a un blessé. Intérieurement je maudis les ordres de Théo mais je les suis à la lettre. J’aurais pu me rendre utile. Qui a été blessé ?

Ah ça y est on frappe trois coups, puis le silence et à nouveau trois coups. J’ entrouvre la porte, Théo me prend dans ses bras, il a la lèvre ouverte, un pansement sur la tête.

Que s’est-il passé ?

On est venu pour te tuer !

Moi ?

Oui

Mais qui te l’a dit ?

Mon indic

Elle l’a appris comment ?

En quittant la soirée elle a surpris une conversation entre deux personnes qu’elle n’a pas pu me décrire. Juste leur voix dont une bien caractéristique.

L’homme déguisé aux dents de fer comme nous a dit la femme de Jean-Ba.

Voilà c’est exactement ça, donc je pense que c’était le commanditaire et Arthur. J’ai une petite idée pour celui qui donne des ordres mais il y a tout de même une chose qui me chagrine ce pourrait être lui mais c’est impossible que ce soit lui…

Qui ? Explique toi ?

Plus tard, prends ton petit déjeuner on nous attend au 36.

Il est où ton ami ?

A l’hôpital

On a tiré sur lui

Oui C’est grave?

Hélas..

Et le tireur, c’était ton cousin ?

Ce n’était pas Arthur c’était un comparse armé d’un fusil à pompe. Il a voulu repartir par la fenêtre mais il a mal calculé son coup et il s’est brisé la nuque en chutant brutalement sur le sol

Mais j’y pense pourquoi on a voulu me tuer.

Il y a une personne que je nomme X car j’ignore encore qui cela peut-être, qui était présente au cocktail, elle a trouvé que tu ressemblais étrangement à une fille qui n’aurait pas dû survivre à un viol collectif.

Qui ? Et pourquoi me tuer maintenant ils ont eu plus de deux ans pour tuer ma jumelle vu que moi j’étais sur Versailles. La corvette violette de ton frère avait ramené mon père dans notre maison. Ils savaient pertinemment où elle habitait.

Selon Jean-Ba qui s’est mis à table après notre départ, Hugo se serait rendu à votre maison, six mois après le drame et il aurait appris de votre voisine que ta jumelle était folle, avait perdu la mémoire et ne parlait plus.

Et la voisine n’avait jamais parlé de moi.

Non, ton père m’a dit que tu n’étais pas venu pendant cette période, tu étais plus souvent à l’hôpital psychiatrique que chez eux.

Effectivement je passais des heures à son chevet, plus tard mes parents se sont séparé, ma mère reprochant à mon père d’avoir permis à leur fille d’aller avec Hugo. Ce drame a bouleversé notre vie. Ma mère et mon jeune frère sont parti en Italie. Mon père et ma sœur ont quittés Lyon, vendu la maison et m’ont rejoint sur Versailles.

A cause de mon frère vous avez été les victimes collatéraux.Viens le Colonel nous donnait deux heures pour se remettre de nos émotions et maintenant je suis ton binôme pour l’interrogatoire de mon jumeau

C’est une mesure exceptionnelle car ceux qui sont de la famille sont souvent écartés de l’enquête, mais là on a que ce moyen pour le faire craquer.

Nous voir en couple devrait le faire sortir de son mutisme.

Oui

Tu ne veux toujours pas me dire à qui tu penses pour le commanditaire.

Je ne veux pas accuser une personne qui ne peut pas l’avoir fait.

J’attends un appel téléphonique de St Barth.

Stéphane va t’appeler

Oui j’ai récupéré dans les scellés le téléphone de mon frère, j’ai envoyé un texto à Steph en disant :

Adieu Mélodie, paix à son âme. Et Steph m’a répondu :  » on t’as dit qui était le commanditaire ? » Je lui ai dit non

Et ?

Il m’a répondu je suis en avion dès que j’ai mis le pied à ma cabane de pêche je t’appelle et tu vas tomber à la renverse.

Sa cabane de pêche ?

Oui en plus de sa villa il a une cabane de pêche.

Donc vos collègues ne vont l’intercepter qu’une fois que tu sauras qui est le donneur d’ordre.

Toutefois Julie le donneur d’ordre n’a rien à voir avec l’enquête sauf qu’il était au courant des horreurs. Jusqu’à quels points? Quand je saurais son nom …

Et Théo est blanc comme un linge et si je ne le soutenais pas il serait tombé.

A suivre…