L’autoroute de tous les dangers/18

Une journée spéciale au 36 Quai des Orfèvres

Mais capitaine Martin vous ne nous avez pas dit pourquoi son mari et le cousin du Commandant Leyrieux se disputaient.


J’ai cru que vous l’aviez compris. Jean-Baptiste avait peur d’une bavure

C’est-à-dire ?

Décidément Lieutenant vous êtes long à la détente ce matin. Hugo et le Commandant se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Qui de vous peut les différencier ?

Il est vrai que celui  qui est dans la cage et notre Commandant, ils sont copie conforme.
Ce n’est pas trahir votre chef que de vous dire que même leur père ne les reconnaît pas.
Et vous Capitaine les reconnaissez-vous ?

Quand on me pose la question je me sens rougir, et surtout je me souviens de mon hésitation lorsqu’au petit matin il est venu me retrouver dans ma chambre, je doutais, mais la seule différence entre Théo et Hugo c’était ce grain de beauté sur ses parties intimes. Je tenais ça de Théo, ce qui à l’époque nous avait bien fait rire.

Capitaine
Oui
Laquelle ?
Je sursaute et leur dit en riant :  » je refuse de vous dévoiler mes sources  » ( éclat de rire). Dans une enquête comme celle-ci, rire fait un bien fou.
Tiens tiens serais-je chère collègue l’unique objet de votre discussion. Leur as-tu confié ce que tu sais ?

Théo enfin te voici. Heu pardon Commandant
Bon, j’ai suivi votre débat vous voulez savoir où se trouve ma différence avec mon jumeau. Je vais vous le dire, ensuite nous nous y remettons.

En espérant que ce n’est pas indiscret.

Oh bien sûr que ça l’est, mais comme vous avez peur que je prenne la place de mon frère, je vais vous le dire.

On ne sait jamais Commandant s’il vous prenait l’envie de nous tester.

Et bien vous seriez condamné à me déshabiller pour découvrir où se trouve mon grain de beauté.

Dès que Théo a prononcé cette phrase,  la brigade entière s’est interpellée dans un joyeux brouhaha. Tous les endroits cachés jusqu’au plus intime  ont été  balancés à tour de rôle par les gendarmes et la police jusqu’à ce que le Colonel Vermand fasse son apparition. Un silence de plomb s’est abattu sur les hommes.

Il a juste dit :
Commandant Leyrieux suivez-moi et mettez fin à ce  brouhaha, je n’arrivais pas à entendre mon interlocuteur.

Après ce petit intermède il a bien fallu se remettre au travail. Un coup de fil à Saint-Barth nous a appris que les domestiques s’activaient dans la propriété de Stéphane.

Son retour était imminent selon une jeune fille qui venait pour la première fois, personne n’avait dû lui dire de ne pas parler à des inconnus.

Quant au  cinquième homme, le fameux cousin, il était à la fois le violeur de ma soeur. Et son lourd passé nous confortait dans l’idée que c’était lui le meurtrier de Mélodie.

Le sixième homme, ce fameux commanditaire nous inquiétait beaucoup plus, car s’il s’attaquait au Commandant Leyrieux c’est que ce dernier était passé très près de la vérité. Aussi depuis ce matin nous regardions à la loupe toutes les photos prises pendant le cocktail chez ses parents. Qu’est-ce qui avait bien pu nous échapper ?

Hugo était interrogé ainsi que Jean-Ba mais ils étaient muets. Chacune des deux brigades, en binôme interrogeaient les deux hommes, mais   rien ne pouvait les inciter à parler.

Même en annonçant à Hugo que son jumeau était visé par un mystérieux commanditaire, il n’avait pas dit un mot de plus, rien ne l’avait fait fléchir.

Par contre il était tombé de haut en apprenant que son frère était Commandant à la SRPJ de Lyon et qu’il n’avait jamais fait le tour du monde. Qu’il avait mis à profit ses années d’absence pour se faire admettre au sein de la police.

Je l’avais aperçu penché sur la table, ses mains enserrant sa tête, il était resté ainsi de longues minutes, puis en levant la tête et se doutant qu’il était observé, s’était repris en nous faisant « «un doigt d’honneur» ». C’était toujours cet homme englué dans son rang dans la Société, refusant de plier. Avait-il compris pourquoi il était là ?

Alors Capitaine c’est un secret d’état l’endroit où se situe ce grain de beauté

Vous en êtes encore là. Alors je vous le dit c’est même un secret d’état, ( sourire en coin) à ne divulguer sous aucun prétexte.

Penchée sur des centaines de photos, j’observe avec Mario l’OPJ de Lyon toutes les photos, ceux que je reconnais je note leurs noms et j’essaye de me souvenir ce qu’ils ont fait au cours de la soirée et surtout quels interlocuteurs ils ont pu rencontrés. C’est un travail titanesque. Trois heures que nous planchons dessus.

Je suis fatiguée surtout que je vais continuer lorsque son avocat sera là par l’interrogatoire d’Hugo. Quelle réaction allait-il avoir ? J’avais hâte d’avoir ce duel, cette joute verbale entre celui qui était éperdument amoureux de moi et celle qu’il ne connaissait pas. Je ne serais plus sa chose de la station service de l’A 6 mais une capitaine de gendarmerie.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/17

Le commanditaire

Jean-Ba avait été cueilli sur le Pont de l’Europe, il pensait rejoindre sa femme en Allemagne et ainsi disparaître à nos yeux.

Lorsque les policiers français l’avaient intercepté il était stupéfait qu’il fut retrouvé si rapidement.

Bien entendu, personne ne s’était avisé à lui raconter qu’un mouchard avait été placé sur son véhicule.

Il avait demandé à téléphoner à sa femme, ce qui, bien entendu lui avait été accordé. Julie était étonnée qu’il n’est pas appelé d’avocats, mais apparemment celui de la famille Leyrieux allait aussi le défendre et à l’entendre l’affaire serait mené rondement car ces clients étaient d’honnêtes citoyens.

Hugo Leyrieux était de bonne famille et PDG des industries pharmaceutiques et cosmétiques depuis plus de dix ans, il avait pris la succession de son père.

Jean-Baptiste ( appelé Jean-Ba par ses amis) était un imminent professeur d’université, ancien chercheur au CNRS. Une figure connue car il avait publié plusieurs livres sur la bio-industries et des bandes dessinées pour enfants tous axés sur la planète.

Mais le coup de fil passé auprès de son épouse avait permis aux enquêteurs de pouvoir discuter avec sa femme Margot Gretzky honorable fille du grand manitou Allemand un constructeur automobile qui avait pignon sur rue en Europe.

En fait c’était elle qui avait rappelé moins d’une heure après que son époux lui ai dit qu’il était en garde à vue. Elle désirait s’entretenir avec un enquêteur car elle avait une révélation à faire de la plus haute importance.

Voici ce que Margot a raconté aux enquêteurs ainsi qu’au Colonel le coordinateur des forces de police et de gendarmerie.

 » Margot Gretzky a rappelé le standard et comme j’étais assez proche et qu’au cours de la soirée chez les parents d’Hugo et Théodore Leyrieux je ne lui avait pas adressé la parole c’est tout naturellement que j’ai écouté ce qu’elle m’a confié.

Allo je voudrais s’il vous plaît m’entretenir avec un inspecteur qui détient mon mari.

Oui ici capitaine Julie Martin, je vous écoute Madame.

J’ai quitté la France après une scène fort pénible entre mon mari et le cousin d’Hugo Leyrieux.

Seulement d’Hugo, vous ne connaissez pas Théophile.

Non mon époux m’a toujours dit qu’il n’était pas intéressant et de toutes façons il faisait le tour du monde.

D’accord, continuez Madame qu’avez-vous de si important à nous dire et qu’elle était la dispute qui opposaient votre mari et … Au fait comment se prénomme le cousin.

Arthur Leyrieux.

Quelle est sa profession ?

Homme de main, en fait je vous dit ça mais je n’en sais rien, j’ai juste appris de la bouche de Jean-Ba qu’il était sorti de prison depuis à peine deux semaines.

Il vous a dit la raison pour laquelle il était emprisonné ?

Il m’a dit c’était une erreur.

Hum je vois. Donc cette dispute, y avez-vous participé?

Non j’ai écouté aux portes et j’ai entendu qu’ils attendaient le commanditaire d’un meurtre.

Le meurtre de qui ?

Mon amie Melodie.

Qui devait l’assassiner ?

C’était fait

Expliquez -vous ?

Arthur avait tué sur ordre de je ne sais qui mais je l’ai mémorisé.

Comment ça ?

Je veux dire que je me suis cachée dans notre penderie à l’entrée et j’ai vu celui qui avait commandité le meurtre.

Le connaissiez -vous ?

Je ne sais pas, je ne crois pas !

Vous savez où vous ne savez pas.

J’ai fait son portrait robot à qui puis-je m’adresser ?

Ils l’ont appelé comment ?

C’est bizarre

Comment, que voulez-vous dire ?

Je n’ai peut-être pas bien compris son nom.

Dites-moi ce que vous avez entendu ?

Ils ont dit :  » Bonsoir Monsieur Charles Magne.

Et mon mari a ajouté Charlemagne à la barbe fleurie.

Il avait une barbe ?

Non

Pouvez-vous me le décrire ?

Oui, grand plus d’1 m80, des lunettes fumées, un chapeau genre borsalino, habillé tout en noir. A un moment donné j’ai vu ses cheveux.

Ah et ils avaient un signe particulier.

Non pas vraiment mais ils étaient blanc d’un très beau blanc.

Vous voulez dire que c’était un homme âgé

Je ne peux pas l’affirmer, sa voix était bizarre comme s’il avait un appareil dentaire. Je dis ça car mon fils aîné cela fait ce bruit quand il parle. Mais c’était normal ces dents étaient toutes en ferraille

Ah ! C’était un déguisement.Vous êtes dans quelle ville ?

Düsseldorf !

Allez a la Fédéral Police , Frachtstrabe au numéro 30 et portez leur votre portrait robot. Il est possible qu’il vous demande de faire marcher votre mémoire pour améliorer tel ou tel contour du visage. Nous les avertissons immédiatement. Par contre est-ce que vous savez où est allé Arthur Leyrieux ?Où je ne sais pas, mais il est parti avec le commanditaire pour éliminer un gêneur.

Ce sont ses mots.

Oui Savez-vous de qui il pouvait parler ?

Oui

Allez ne me faites pas attendre.

Théophilee Leyrieux.

Un silence pesant s’est abattue sur l’ensemble de l’équipe en entendant le nom de Théo. Qui pouvait être cet homme ? Et pourquoi Théo était considéré comme gêneur.

Il nous fallait rapidement interrogé Jean Baptiste et essayé de comprendre ce qui les avait mis sur la piste de l’enquêteur le plus discret et efficace de nous tous.

Théo avait été prévenu de se dépêcher de revenir au commissariat où on venait d’apprendre une révélation concernant l’assassinat de Mélodie de la Feuillantine. Personne n’avait osé lui dire qu’une ou plusieurs personnes mal intentionnées en voulaient à sa vie.

La veille il m’avait déposé au commissariat ven me faisant promettre de dormir sur place, il avait déposé un lit de camp, un drap, un oreiller, tout était dans sa voiture. Il etait reparti pour un rendez-vous mystérieux.

Quand son colonel m’avait interrogé je n’avais rien pu lui dire. Car Théo m’avait dit moins tu en sauras plus je te protège. Maintenant je craignais pour sa vie.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers /16

Etrange…Etrange…

Qu’est-ce qui te tracasse dans le fait qu’ils se soient arrêté de parler en ta présence ?

Justement c’est cela qui me dérange. Comme si ils avaient une chose importante à me cacher.

Nous sommes sur une enquête qui nous a pris des mois, que dis-je deux ans ? Nous sommes à fleur de peau. Le moindre rien nous met en alerte.

Non Julie je sens roder autour de nous des forces maléfiques. Mes sens sont tous en alertes. J’ai dû louper quelques choses. Le Colonel veut que nous rentrions, nous allons faire le point avec nos équipes respectives.

Séparément, on va se répéter.

Non ensemble . De plus l’arrestation d’Hugo est resté secrète. Ils ne peuvent pas savoir que j’ai pris sa place. Et mon père n’est jamais arrivé à nous reconnaître.

Et pour ce qui est des différences moi j’en connais une.

Silence ! ( Petit rire)

Mon amour est plus que gêné devant mon allusion à son anatomie.

Tss Julie, c’est un tout petit détail.

Justement, lorsque je doutais tantôt j’aurais dû te demander de te déshabiller.

Tiens pourquoi ne l’as tu pas fait ?

En fait je n’en sais rien, c’est qu’au fond de moi j’étais certaine que c’était toi.

Mon amour me prend dans ses bras et m’embrasse. J’entends tousser discrètement puis finalement on me tape sur l’épaule et en face de moi sur sa chaise roulante manuelle j’aperçois le père des jumeaux.

J’interpelle Théo en ayant bien soin de lui dire : Hugo je pense que ton père veut te parler.

Merci Mademoiselle, si vous pouvez aller vous promenez je voudrais m’entretenir avec mon fils seul à seul.

Théo est un tant soit peu gêné que son père me congédie, mais je n’en fais pas cas. C’est sûrement un problème personnel. Cela fait deux heures que Théo et son père se sont enfermés dans le bureau. La porte est fermée ce qui a fait râler sa mère, elle est venue me déverser son angoisse concernant son fils Hugo et m’a avoué avoir dit à son mari la vérité sur notre prétendu mariage.

Alors là c’est la catastrophe, mais Théo devait bien savoir que tôt ou tard ça se saurait. Après l’enquête, bien entendu que tout aurait été parfait. J’ai attendu jusqu’à 17 h et j’ai enfin vu sortir Théo fort en colère, il m’a pris par le bras et sans dire au-revoir à personne nous avons franchis en voiture le grand portail blanc.

Il n’a pas desserré les dents durant tout le trajet. Nous nous sommes rendus jusqu’au Commissariat, juste avant de sortir il m’a dit : mon père savait qu’Hugo a été arrêté.

Il doit y avoir une taupe dans le service, et es-tu certain que personne ne sait que tu es au SRPJ de Lyon et que sur cette enquête exceptionnelle police et gendarmerie ont marchés main dans la main.

Je ne pense pas que ce soit une taupe, c’est l’avocat de la famille qui a communiqué ce matin avec mon père.

Ah je préfère. Mais pourquoi es-tu resté plus d’une heure en sa compagnie.

Car l’avocat de mon père a appris que j’étais dans la police. Et, il a fallu que je calme mon père en lui disant que je n’avais rien à cacher et que je me fichais complètement des cosmétiques. J’ai crû qu’il me claquait dans les doigts.

Et, c’est tout ?

Non, il m’a passé un savon pour lui avoir laissé croire que je faisais le tour du monde. Et m’a demandé aussi qui tu fréquentais. Je lui ai dit moi, Hugo vous a joué un sale jeu. Mais il n’était pas convaincu et a ajoute :  » sale traître ».

Ton père a osé te dire ça. Il est temps de démasquer les coupables sinon on court tout droit à la catastrophe.

J’ai donné des ordres pour que l’on arrête Jean-Ba et mon cousin Arthur, mais hélas ils ne sont plus là et la femme de Jean-Ba a rejoint l’Allemagne pour se rendre chez ses parents.

C’est étrange…

Par contre j’ai mis un traceur sur la voiture de Jean-Ba c’est ainsi que j’ai su que sa femme avait pris un avion pour Düsseldorf. Mais Jean-Ba est toujours en voiture. Et il est parti sur l’autoroute du Sud. Possible qu’il soit accompagné d’Arthur.

Vivement que l’on coffre toute la bande.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/15

En route vers le dénouement 1-3

Nous voici auprès des convives des parents des trois enfants Leyrieux, les jumeaux et Charlotte.

Théo a parlé avec sa sœur, je me demande ce qu’elle a compris, elle est comme une épée de Damoclès suspendu au-dessus de notre tête. Si elle se pend au cou de son frère qu’elle adore, notre duo est démasqué. Pour l’instant tout se passe bien, elle boude dans son coin, je ne sais sur quels pieds dansés. Est-ce que je dois aller vers elle ? Ou est-il préférable que j’en reste éloigné, cette jeune fille aux allures de bébé est une bombe à retardement.

Théo me fait signe, la reine-mère veut contempler ma bague, elle s’extasie sur le goût de son fils, mais toutefois elle semble contrarier. Qu’est-ce qui peut bien la perturber? Décidément cette famille est une véritable énigme pour moi. A-t-elle flairé le jeu de dupes que nous faisons vivre à tous ceux qui sont présents ?

L’apéritif va être servi sur la terrasse et tout le monde est invité à s’y rendre, c’est à ce moment que nos téléphones sonnent. Nous nous éloignons et prenons chacun notre appel qui émane de personnes différentes.

Capitaine, mes respects, ce n’était pas une perte de contrôle naturelle si je puis dire pour l’accident, mais Mademoiselle Mélodie de la Feuillantine a été assassinée.

Elle a reçu en pleine tête une balle d’un fusil de chasse. Balle analysée par la balistique, c’est du gros calibre, elles servent à tuer les sangliers.

Quelle horreur ! Est-elle morte sur le coup?

Oui, une balle de cette nature vous fait du dégât. La balle n’a pas été retrouvée dans son crâne mais fichée dans la vitre. Elle est entrée d’un côté sortie de l’autre.

Théo vient d’avoir la même information, plus une autre qu’il juge importante à m’en faire part rapidement. Il m’apprend que son frère Hugo est d’une part non coupable dans cet assassinat mais par contre qu’il a été arrêté au moment où il allait rentrer dans la propriété de Stéphane. Il est en garde à vue.

Et Stéphane ?

Introuvable, il n’était pas à son domicile.

Possible que ce soit lui qui est appuyé sur la gâchette. Il a surement senti sa femme sur le point de tout avouer.

Je pense plutôt qu’il a quitté l’Hexagone.

Tu m’as bien dit que tous les aéroports étaient sous contrôle et que pour passer dans les mailles du filet il fallait être excellent.

Mais nous n’avions pas la possibilité de contrôler tous les aérodromes.

Il nous a échappé ?

Je n’ai pas dit mon dernier mot. Il a une maison à Saint-Barth, c’est toujours en territoire francais. Il suffit de surveiller sa propriété et il sera arrêté.

Il y a une chose que je ne comprends pas, ta mère ne vous a jamais différencié toi et ton frère.

Et toi y arrives-tu ?

Théo doit voir la panique sur mon visage car il m’enlace et me couvre de baisers. Je me sens rassurée c’est bien Théo, son jumeau ses baisers sont toujours brutaux. Pour lui les femmes c’est en conquérant qu’il les a.

Je te taquinais, c’est bien moi.

Oui, j’en suis certaine, mais cela ne me donne pas une explication pour ta mère, elle vous a porté, et rien.

En es-tu bien sûr ?

Ah cette contrariété sur son visage c’était pour ça, elle te l’a dit

Oui

Je ne m’en suis pas aperçue

En fait elle m’a dit où est Hugo et pourquoi jouez-vous cette comédie à cette jeune fille. Qui de vous deux l’a épousé ?

Que lui as-tu répondu ?

Aucun maman, mais prochainement c’est moi qui vais l’épouser.

Je me demande si elle était contente, elle m’a paru glaciale et insensible.

Ma mère a un rang à tenir, mais j’ai bien peur qu’elle tombe bien bas quand elle va découvrir ce qu’Hugo a fait.

Et pendant que personne ne nous dérange, le Colonel m’a appris quelques choses concernant ta jumelle et toi.

Ah que t’a-t-il dit que tu ne saches déjà.

Non tu ne m’avais pas dit que ta soeur s’appelait Virginie et que le soir du drame elle avait dit à mon frère qu’elle se nommait Julie.

Tu as pensé que je me vengeais

Oui en quelques sortes. Je ne comprenais pas pourquoi mon jumeau dans ses lettres t’appelais Virginie et non Julie.

J’avais peur que ce prénom lui évoque ce drame.

Bien joué Julie.

Et mon seul amour m’embrasse devant les invités car tout en devisant nous les avons rejoint. Mais je vois leur père en pleine discussion avec le Majordome, Jean-Ba et un individu que je n’avais pas vu hier. Théo serre les poings, c’est étrange, d’autant plus qu’il me laisse et part à grande enjambée vers ce trio.

Je le voit taper l’épaule de cet homme beau garçon de surcroît, j’espère qu’il me présentera, il discuté et ne me fait pas signe de le rejoindre alors j’en profite pour prendre une coupe de champagne, lorsque brutalement une main féminine me saisie la mienne et me dit :

Lorsque l’on est enceinte on ne boit pas d’alcool,

Je lève les yeux et voit la mère des jumeaux qui me fixent d’un air contrarié.

Moi, mais je ne suis pas enceinte, vous confondez avec Mélodie.

Non ma chère, il est possible que vous n’en soyez pas consciente mais vous l’êtes.

Et vous êtes devin ?

Non très observatrice et j’étais gynécologue obstétricien, j’ai l’habitude.

Je ne sais pas quoi lui dire, je me sers une orangeade et m’éloigne. J’avais un stérilet ne voulant pas d’enfants d’Hugo. Il y a deux mois j’ai prétexté un voyage en Italie, et j’ai retrouvé Théo pour une semaine. J’espère de tout cœur que ce petit être est de lui.

Enfin voici Théo, comment vais-je lui dire cette nouvelle qui aurait pu être heureuse et qui risque de nous gâcher notre joie d’être enfin ensemble après cette enquête.

Que ce passe-t-il ? La question fuse de nos deux bouches mais pas pour la même raison.

Toi parle moi ? Qui est cet homme ?

Mon cousin le fils du frère de mon père

Et ? Tu penses que ce serait lui le cinquième ?

Oui, rappelle toi ce que ta soeur disait lorsque vous l’avez retrouvé dans ce fossé à moitié nue.

Et pleine de sang, je m’en souviens comme si c’était hier. Mais non je ne me souviens pas. Que veux-tu que je te dise?

Réfléchis, rappelle toi, je viens de faire le rapprochement. Mon cousin s’appelle Arthur et…

Oh mon Dieu ! Virginie ne faisait que dire  » c’est la ture et go », en boucle elle répétait ça, ce qui pour nous ne pouvait avoir aucun sens. Et comme depuis elle est murée dans le silence, jamais plus elle n’ a pu dire où se souvenir de quoi que ce soit. Si je suis ton raisonnement elle voulait dire :  » c’est Arthur et Hugo »

Oui, j’en suis certain, de plus Arthur est sorti de prison depuis quinze jours pour un viol, la victime s’est rétractée mais il avait fait deux mois de préventive.

Tes parents l’ont invités ?

Non, il vient d’arriver, mais choses étranges ils se sont arrêté de parler quand je suis arrivé à leur hauteur.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/14

En avant vers le dénouement 1-2

Dis moi Théo peux-tu me donner la phrase que je t’ai donné au début de notre enquête.

Pourquoi me demandes-tu ça Julie ? Tu as peur que je sois Hugo.

Écoutes, tout s’embrouille dans ma tête, je préfère que tu ne tergiverse pas, donne la moi sans réfléchir.

« Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». On trouve cette phrase dans Les Essais de Montaigne. Et aujourd’hui je comprends mieux la raison pour laquelle tu me l’as donné. Lui mon jumeau Hugo ou moi Théo nous sommes intimement mêlé à ta vie.

Bon, jamais Hugo m’aurait récité Montaigne, il est sur la littérature à des milliards d’années lumière de toi.

Peux-tu me dire Julie comment as-tu pu faire l’amour avec mon frère ?

En Seras-tu plus heureux ou désespéré ?

Je ne sais pas, mais bon sang tu es mon amour, arrêtes de rire.

Si tu voyais ta tête je te jure que tu es jaloux, mais lorsque nous faisions l’amour je ne voyais que toi, c’est bien pour ça que dès le début je t’avais donné cette phrase. Elle résume cette enquête, j’ai pu être à fond dans notre enquête car tu es une pointure à la SRPJ de Lyon et travaillé en binôme avec toi était une chance inouïe

Combien de mes collègues auraient bien aimé être à ma place ?

Tu t’es porté volontaire

Bien sûr, profitons de la largesse de tes parents et prenons ensemble ce petit déjeuner. Miam tout ce que j’aime : bacon, oeufs, café noir, nuage de lait, jus d’orange pressé.

Tu penses m’enumérer tout ce qu’il y a sur la table car tu as oublié ceci.

C’est à ce moment que Théo sort sur la terrasse et me rapporte 13 roses rouges.

Ôte cette bague qui est à ton doigt.

C’est paraît-il celle de ta grand-mère.

Tu as raison d’émettre un doute c’est une bague qui a été volé lors du casse de la plus grande bijouterie de Paris, place Vendôme. Cette nuit je suis repassé par la gendarmerie et j’ai vérifié la liste de ce qu’il avait été volé et cette bague avec son émeraude y figure.

Tu crois que c’est ton frère qui a fait ce casse. Je pense plutôt qu’il l’a acheté à un revendeur.

Impossible tous les bijoux ont été répertoriés et ce casse a fait grand bruit, personne ne s’est aventuré à les écouler.

Et bien violeur et voleur il s’est recyclé mais est toujours un malfrat.

Donne moi ta main

Pour ?

Pose pas de questions ( un sourire malicieux lui effleure les lèvres)

Lorsque nous bouclerons cette enquête acceptes-tu de devenir ma femme.

Je laisse Théo me passer cette magnifique bague de fiançailles serti d’un rubis et de minuscules pierres précieuses. Et je me jette dans ces bras.

Hélas nous ne pourrons pas concrétiser car le téléphone professionnel de Théo choisis ce moment pour nous arrêter dans notre élan amoureux.

Oui, ici le Commandant Théophile Leyrieux je vous écoute mon Colonel.

Le Colonel en personne qu’est-ce qui va encore nous tomber sur la tête ?

Oui, oui

Théo n’est pas très loquace mais je vois son visage qui change. Il raccroche et prononce ces quelques mots :

Mélodie a quitté l’établissement où cette nuit on pensait l’avoir enfermé et elle vient d’avoir un accident de la circulation à quelques kilomètres d’ici. Elle a perdu le contrôle de la voiture qu’elle a volé et s’est enroulée autour d’un arbre. Les pompiers sont en train d’essayer de la sortir. Le Colonel ignore si elle est morte ou vivante.

On y va

Non, le Colonel m’a juste dit d’appeler un taxi pour mon indic et nous deux nous allons continuer à jouer au parfait petit couple. Mais cette fois nous sommes amoureux fou l’un de l’autre.

Attends si ta mère qui voit tout a repéré ma bague hier, que pourrons-nous lui dire?

Je t’en ai acheté une pour la semaine et l’autre pour le weekend.

Et elle va mordre à l’hameçon ?

Oui car elle ne t’a même pas complimenté sur la beauté de ta bague, donc elle n’a pas dû y prêter attention.

C’est vrai, cela m’avait etonné

Allez viens il est bientôt 13 h nous allons rejoindre les autres.

Attends je dois remettre l’alliance d’ Hugo

Heureusement que tu penses à tout.

Moi, je pense surtout à toi et à notre future vie.

A suivre…